La ligne A du métro toulousain, qui doit doubler sa capacité l’an prochain, a vu son terminus inauguré. Celui de la future troisième ligne a reçu la visite d’une délégation d’élus, le président de Toulouse Métropole en tête.
Le premier projet d’envergure dans les transports toulousains prend forme. L’une des deux lignes du métro doit doubler de capacité d’ici fin 2019. Sa première station agrandie a été inaugurée, il s’agit de Basso-Cambo, le terminus au sud-ouest. Et comme elle est aérienne, il est facile de constater à l’œil nu qu’elle a doublé de volume. Les trois autres stations à remanier sont souterraines et demandent donc des travaux plus lourds. Lesquels se déroulent en site occupé, donc essentiellement de nuit et durant une coupure estivale d’une quarantaine de jours. Saturée, la ligne A doit passer d’une à deux rames pouvant emporter jusqu’à 320 passagers en quatre voitures. Un chantier estimé à 180 millions d’euros.
Puis, en 2024, une troisième ligne de métro doit voir le jour. « Le terminus de Colomiers est l’un des points les plus importants de la ligne », estime Francis Grass, président de la Société de la mobilité de l’agglomération toulousaine (Smat). Car les usines d’Airbus, principal employeur du bassin, sont implantées sur les communes de Colomiers et Saint-Martin-du-Touch. D’où une zone extrêmement embouteillée aux heures de pointe. Il est prévu de faire de ce terminus un pôle multimodal qui connectera métro, gare SNCF, stations de bus, parkings voitures et deux roues. Pour être opérationnel, le lieu demande à être revu car le parking est saturé et les automobilistes qui prennent le train se garent souvent au milieu des barres d’immeubles voisines. « Il faut traiter de la capacité du parking mais aussi des voies d’accès », souligne Jean-Michel Lattes.
La troisième ligne partira de Labège au sud-est de Toulouse et desservira la gare Matabiau en pleine évolution, le quartier de La Vache, pour connecter sur les communes du nord, l’aéroport via un système de navette, et enfin Saint-Martin-du-Touch et Colomiers. Soit 27 km en 20 stations, pour un coût estimé à 2,33 milliards d’euros et 200 000 passagers par jour. « Véritable ligne de l’emploi, elle connectera notre métropole et ses grandes zones d’activités d’ouest en est », rappelle Jean-Luc Moudenc, président de la métropole toulousaine et maire de Toulouse.
Un projet qui ne va pas sans contestation. L’association des usagers des transports de l’agglomération toulousaine et de ses environs estime que le tracé ne correspond pas aux besoins, notamment parce qu’elle ne passe pas au sud de l’agglomération, et soutient le recours déposé par l’association 2Pieds2Roues contre le plan de déplacements urbains adopté en février dernier.
Par ailleurs, la dette de Tisséo se monte à 1,4 milliard d’euros et la Chambre régionale des comptes doit rendre ses observations en fin d’année.
