Le projet européen Avenue veut valider le recours aux navettes autonomes dans les transports publics. À Lyon, il testera cette solution dans des conditions réelles de circulation sur plus d’un kilomètre.
Dès le mois de mars, les Lyonnais pourront utiliser un service de navettes autonomes pour se rendre de l’arrêt de tramway Décines-Grand-Large aux portes du parc OL, soit un trajet de 1,2 kilomètre. Ce nouveau service expérimental et, de ce fait, gratuit sera mis en œuvre par le Sytral (Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise) dans le cadre d’un projet européen baptisé Avenue (Autonomous Vehicles to Evolve to a New Urban Experience).
Doté de 20 millions d’euros de budget par l’Union européenne, ce projet qui se déroule sur quatre ans, entend démontrer la capacité de l’Europe et notamment de la France à devenir leader mondial dans le domaine des transports autonomes.
« Avenue vise à anticiper des solutions futures de transport urbain. Nous allons donc déployer des navettes autonomes à Lyon, Genève, Luxembourg, Copenhague sur des trajets présentant des caractéristiques différentes dans chaque ville. Cette expérimentation doit nous permettre de passer au niveau 5 de la technologie, et de développer de nouveaux services. Il s’agit aussi de valider l’acceptation sociologique de ce mode de transport auprès des usagers et d’optimiser son business model », explique Danielle Attias, coordinatrice scientifique du projet Avenue. Les navettes du constructeur lyonnais Navya ont été retenues pour mener cette expérimentation qui, à Lyon, devrait déboucher sur un service pérenne. « Nous avons besoin de trouver de nouvelles solutions de mobilité pour le dernier kilomètre. Les navettes autonomes ne remplaceront pas des modes de transport déjà en place, mais elles viendront en complémentarité », explique Fouziya Bouzerda, présidente du Sytral. Les deux véhicules Navly en service à Lyon ne circuleront toutefois pas les soirs de match, mais seulement en journée pour relier le tramway à la zone de bureaux et d’activités qui jouxte l’enceinte sportive.
Ces deux navettes d’une quinzaine de places chacune circuleront sur route ouverte. « Le trajet implique notamment de franchir un carrefour et des feux tricolores », précise Fouziya Bouzerda. Des conditions radicalement différentes du test effectué depuis plusieurs mois dans le quartier de la Confluence où les véhicules autonomes circulent sur un tronçon sans circulation automobile. En revanche, comme à la Confluence, les navettes du Parc OL auront un opérateur embarqué pour intervenir en cas de besoin, comme l’impose la loi. Bien que sécurisé, le challenge est risqué, puisque non seulement Navly circulera dans des conditions réelles de circulation, mais, en plus, elle devrait intégrer plusieurs nouvelles fonctionnalités. « Nous souhaitons accélérer la vitesse pour atteindre 25 km/h et inclure des services de transport à la demande, afin notamment de pouvoir caler les départs des navettes avec l’arrivée du tramway », précise Pascal Jacquesson, directeur général de Keolis Lyon, partenaire du projet. Avant le début du test, le trajet des deux navettes sera reproduit sur le site de Transpolis dans l’Ain, un vaste espace dédié à la simulation de nouvelles mobilités. Les nouvelles fonctionnalités seront ainsi testées durant au moins deux mois sur ce site, avant d’équiper les navettes.
