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Navettes autonomes: le match Navya et EasyMile

Créées chacune en 2014, Navya et EasyMile, les deux startup françaises spécialistes des navettes autonomes poursuivent leur développement avec des voies différentes. Revue de détail.

La bourse pour Navya, le financement privé pour EasyMile

Lancé en tant que constructeur automobile dans un développement coûteux, le lyonnais Navya s’est introduit en bourse l’an passé pour compléter ses financements. Il y a levé 37 millions. De son côté, le toulousain EasyMile qui développe des logiciels et fait construire ses véhicules par Ligier a continué sur la voie moins risquée du financement privé et ne se sent pas armé pour la bourse. Son nouvel actionnaire, BPI France, lui a apporté 6,5 millions d’euros en septembre, et son chiffre d’affaires 2018 devrait atteindre 17 millions d’euros, en ligne avec ses prévisions. Au contraire de Navya, qui a dû revoir ses ambitions à la baisse, et ne réalisera que 17 à 19 millions de chiffre d’affaires au lieu des 30 annoncés. Résultat: le cours de l’action a dévissé en bourse en fin d’année.

Gouvernance chamboulée chez l’un, stable chez l’autre

Pas d’à-coup chez Easymile présidé par son fondateur Gilbert Gagnaire, toujours majoritaire, accompagné du dg Benoît Perrin. À l’inverse, avant Noël 2018, Navya a traversé une crise de gouvernance consécutive à la chute de son cours. La PME et ses actionnaires, dont plusieurs se sont retirés du conseil de surveillance, ont éjecté le co-fondateur Christophe Sapet de la tête du directoire. Outre des objectifs non tenus, celui-ci a racheté, le 10 décembre, trois jours après l’avertissement sur les résultats, des actions à bas prix pour passer de 5 à 8,6 % du capital. Une stratégie personnelle peu appréciée par ses partenaires. En attendant le recrutement d’un dirigeant à l’extérieur, le directoire de Navya se compose de Jérôme Rigaud, directeur général délégué, et de Frank Maccary, le directeur financier et président intérimaire.

Des alliances différentes avec les opérateurs de transport publics…

Navya compte depuis 2016 Keolis (12,6 %) comme actionnaire, ce qui lui permet de voir ses véhicules intégrés dans certains réseaux (Lyon) de l’opérateur et de bénéficier ainsi d’un retour d’expérience. Mais ce modèle qui, sans les empêcher, restreint quelque peu ses collaborations avec d’autres opérateurs, évolue. Keolis a pris ses distances en quittant le conseil de surveillance tout en restant actionnaire. À l’inverse, EasyMile s’affiche comme agnostique, sans opérateur à son capital. Il a tissé des coopérations avec la RATP et Transdev et indique discuter avec Keolis.

…mais des liens capitalistiques avec les industriels de la mobilité

Pour les deux startup, impossible de grandir sans s’appuyer sur le savoir-faire du monde industriel ancien. EasyMile a connu début 2017 une étape importante avec l’arrivée d’Alstom à son capital. Celui-ci élargit sa gamme au-delà du ferroviaire et de l’urbain classique (tramway et bus), et bénéficie de l’expérience d’EasyMile pour développer un tram autonome. L’entreprise toulousaine compte aussi l’équipementier automobile allemand Continental comme autre actionnaire minoritaire. Navya n’est pas en reste, avec le français Valeo, entré au capital (12,6 % lui aussi) en même temps que Keolis.

Des stratégies commerciales qui se différencient

Si les deux PME ont en commun d’avoir commencé par développer une mini-navette autonome (EZ10 pour Easymile, Autonom Shuttle pour Navya), leurs chemins divergent. Cap sur les robots-taxis pour Navya, qui s’apprête à passer aux premières expérimentations. La stratégie d’Easymile est plutôt de rendre autonome avec ses softwares des véhicules sur une chaîne de mobilité partagée. D’où des partenariats avec Iveco et Alstom pour développer des bus ou trams sans conducteurs. Mais aussi une alliance avec TLD Group pour adresser d’autres marchés industriels (aéroports, ateliers) avec la mise au point de tracteurs autonomes.

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Auteur

  • Marc Fressoz
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