Le système Lane a instauré six lignes fixes de covoiturage aux heures de pointe dans la région lyonnaise, le long d’axes de transit saturés. Pour l’instant, l’offre est plus forte que la demande et permet de proposer des temps d’attente de l’ordre de cinq minutes.
Issu d’une innovation conjointe entre la communauté d’agglomération Porte de l’Isère, la métropole du Grand Lyon et de deux start-up spécialistes du covoiturage, ecov et Instant-System, Lane a pour ambition de démocratiser un nouveau concept de covoiturage domicile-travail dynamique sur six lignes préétablies. Le système, en phase de test depuis le printemps 2018, consiste en la mise en place de stations connectées qui permettent de commander un covoiturage en temps réel – et donc sans réservation – depuis une borne tactile ou avec son mobile. Un principe de ligne de bus, avec vernis technologique à la Uber, le tout avec un esprit covoiturage.
Quatre lignes Lane desservent actuellement les villes de Lyon, Bourgoin-Jallieu, Saint-Priest et Villefontaine. Deux prochaines lignes doivent ouvrir très vite vers l’aéroport de Lyon – Saint-Exupéry. Des axes fortement fréquentés et où l’autosolisme fait rage, notamment sur l’A43. Le service Lane est ouvert aux utilisateurs pour des trajets entre 6 h 30 et 9 heures, puis de 16 à 19 heures. Le trajet est actuellement gratuit pour le passager (il sera facturé entre 2 et 4 € à terme). Le conducteur perçoit, quant à lui, 2 € par passager pris en charge. A titre de comparaison, les trajets aller-retour entre Bourgoin-Jallieu et Lyon représentent une dépense d’environ 15 € par jour, en essence et péage.
Cette expérimentation, opérationnelle au moins jusqu’à la fin de l’année 2019, dresse son premier bilan. « Avec plus de 150 conducteurs engagés par semaine et plus de 8 000 trajets réalisés en temps réel, Lane peut garantir une qualité de service comparable à celle d’un transport urbain (cinq minutes en moyenne d’attente le matin) entre Bourgoin-Jallieu et Saint-Priest », expliquent les promoteurs du projet. Reste que le nombre de passagers transportés demeure très faible: une vingtaine de covoiturage seulement par semaine, selon Natacha Mekki, chargée de communication du projet Lane! Ce qui ne semble pas poser de soucis pour Lane, dont l’objectif premier a été de se focaliser davantage sur l’offre. Les premiers mois d’exploitation ont permis de lancer le système, en se concentrant sur le recrutement des conducteurs. Ce qui a permis d’estimer le temps d’attente potentiel des passagers pour chaque arrêt. Désormais, les conducteurs seraient « nombreux » à s’arrêter spontanément aux points de prise en charge lorsqu’un passager est en attente. « Une véritable solidarité au sein de la communauté des “Laners” se fait sentir, et ces derniers deviennent peu à peu de vrais ambassadeurs », souligne-t-on chez l’opérateur. Le service compte 1 800 inscrits (conducteurs et passagers confondus), avec 50 nouvelles inscriptions chaque semaine.
Pour s’assurer que les passagers n’attendent pas inutilement, Lane active, en cas de délais supérieur à 15 minutes, une garantie qui assure à l’utilisateur d’être emmené à destination par un taxi ou VTC. Ce service n’est pas facturé. Depuis la fin janvier, deux nouvelles lignes ont ouvert en direction de l’aéroport Lyon – Saint Exupéry, l’une au départ de Bourgoin-Jallieu – La Grive (sortie 7) et l’autre au départ de Villefontaine (sortie 6). Elles sont pour l’instant réservées aux salariés de l’aéroport, permettant ainsi de diversifier les modes d’accès à la plateforme.
