La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a rendu publique une étude sur les aides publiques aux services librement organisés (SLO) d’autocars. Cette analyse a été réalisée par l’économiste Bruno Cordier pour le cabinet Adetec. En réalité, les SLO ne bénéficient pas d’aides publiques à proprement parler mais, selon les principes appliqués par la Fnaut, l’exercice a consisté à leur appliquer l’intégralité des coûts d’usage des infrastructures ainsi que les coûts liés aux externalités environnementales telles que les émissions de CO2. De la même manière, la Fnaut s’était livrée à un exercice similaire sur l’autopartage, chiffrant à 200 millions d’euros le montant des aides publiques. Dans le cas des SLO, ce total atteindrait 23 millions d’euros, selon les calculs effectués par Bruno Cordier.
Il est bien sûr toujours tentant de taxer la Fnaut de soutien inconditionnel du rail, et de lui reprocher d’avoir intenté un procès à charge. Toutefois, dans ses conclusions, l’étude de la Fnaut relève les conséquences très positives en termes de développement durable liées à l’offre des cars SLO. Mais il est également possible d’adopter un point de vue légèrement différent, en acceptant le postulat de départ. Pour la Fnaut, la priorité devrait être donnée au rail, autant que possible. Dans cette perspective, il reste intéressant de comparer les SLO aux autres modes de déplacement. Ainsi, le covoiturage, qui représente 1,2 % de la totalité des voyageurs, bénéficierait de près de 10 fois plus d’argent public que les SLO, qui transportent 0,2 % des voyageurs. Surtout, l’étude Fnaut sur le covoiturage avait mis en relief la fraude, dont le coût pour l’État et la Sécurité sociale atteindrait 87 millions d’euros par an. Il n’en est rien concernant les SLO.
L’étude Fnaut pointe également l’évolution de la concurrence train-SLO entre 2016 et 2017. Le report modal depuis le train (TGV, intercités et TER) s’accroît ainsi en 2017, alors que la concurrence avec la voiture particulière diminue. Autre point d’intérêt: la dépense publique nette par voyageur x kilomètre en 2016 était supérieure pour le covoiturage courte et longue distance amalgamé, mais équivalente pour le covoiturage longue distance seul.
