Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

Des trains à hydrogène dès 2022 sur Auxerre-Laroche-Migennes?

Avec le choix d’abandonner l’électrification de la ligne Auxerre-Laroche-Migennes, la région Bourgogne-Franche-Comté pousse plus avant l’expérimentation des trains à hydrogène sur cette même ligne. Elle pourrait intervenir dès 2022.

Confirmé en fin d’année 2018 par le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, l’abandon de l’électrification Auxerre-Laroche-Migennes pourrait bien faire tache d’huile. Les contraintes budgétaires ne militent plus, en effet, pour l’engagement de ce type d’investissements, l’heure étant plutôt au verdissement du parc ferroviaire.

Surtout, et comme le rappelle le récent rapport du député Benoît Simian, l’électrification des lignes « est une option coûteuse. Elle coûte entre 0,35 et 1,5 million d’euros par kilomètre de voie simple, et de 0,7 million à 3 millions pour une ligne à double voie. Même si seulement 57 % du réseau ferré est électrifié en France, les lignes dont l’électrification est socialement ou économiquement intéressante sont désormais fort peu nombreuses ». Avant de poursuivre: « La seconde option est de choisir des technologies de motorisation qui soient vertes et autonomes (emportant leur propre énergie de propulsion). Le coût de l’infrastructure est alors reporté en partie sur le coût du matériel roulant. Dans un premier temps, il sera plus cher que s’il est raccordé par pantographe à une caténaire. Mais si elle est appuyée sur une filière de l’hydrogène efficace (avec coûts des piles à combustible et du kilogramme d’hydrogène pertinents), cette solution présentera un avantage économique doublant l’avantage écologique. »

Des commandes sous conditions

C’est justement parce qu’elle va s’appuyer sur la mise en place d’une unité de production d’hydrogène à Auxerre qu’elle finance pour partie (1,3 million d’euros) – laquelle devrait alimenter cinq bus urbains dès cette année dans le cadre du projet Eolbus – que la région Bourgogne-Franche-Comté s’engage encore plus résolument en faveur de l’hydrogène. D’autant que « nous allons, ainsi, aller plus vite que l’électrification avec une mise en circulation commerciale des trains dès 2023, soit deux ans avant l’achèvement prévue de l’électrification, si celle-ci avait été finalement conduite », explique Michel Neugnot, vice-président de la région Bourgogne-Franche-Comté, en charge des Transports. Reste à présent à commander les rames à hydrogène, dont le surcoût estimé par rapport aux rames bimode actuelles est de 30 % environ. Afin que les délais soient tenus, les commandes d’au minimum une dizaine d’exemplaires devront être passées avant avril 2019. Déjà, et au-delà de la région Bourgogne-Franche-Comté qui confirme son intérêt pour en acquérir sous réserve d’obtenir des fonds européens pour le verdissement de la flotte et une aide de l’État, la région Occitanie a annoncé que sur les seize rames Régiolis commandées fin novembre 2018, trois seraient à hydrogène. Les coûts d’exploitation de ces futures rames construites par Alstom ne sont pas connus pour l’instant. Un retour d’expérience lié aux premières rames Coradia iLint exploitées depuis septembre 2018 dans le nord de l’Allemagne apportera des premiers éléments de réponse sur ce plan.

Des financements redéployés

En attendant, les 30 millions d’euros prévus pour l’électrification de la ligne à double voie Auxerre-Laroche-Migennes (19 km) dans le cadre du contrat de plan État-Région 2015-2020 vont être redéployés. Michel Neugnot a déjà confirmé qu’une dizaine de millions d’euros seront consacrés à des travaux d’aiguillage en gare d’Auxerre. SNCF Réseau réalisera, pour sa part, la régénération totale de la voie entre Auxerre et Laroche-Migennes. Assurés à l’aide d’une suite rapide (train travaux), ces travaux seront conduits en 2020-2021. L’infrastructure sera donc fin prête pour accueillir les premières rames à hydrogène devant réaliser les tests dès l’année suivante.

Enfin, la redéfinition de la desserte du Nord-Bourgogne est en cours. Le futur service d’Auxerre-Laroche-Migennes ainsi que d’autres lignes font, en effet, actuellement l’objet d’études. Il est donc encore trop tôt pour savoir si les futurs trains à hydrogène seront limités à la seule desserte de la ligne précitée sous forme de navettes ou s’ils pourront poursuivre leur trajet jusqu’à Paris comme c’est le cas actuellement avec les rames bimode électrique et diesel.

Retour au sommaire

Auteur

  • Olivier Constant
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format