Comment valoriser la qualité des liens qu’une entreprise entretient avec son territoire? Créée en 2012 à Nantes, Biom est une agence de notation indépendante qui a développé un indicateur spécifique, le % BIOM. L’entreprise a été rachetée en 2017 par Axis Experts Conseils, société de conseil, d’expertise comptable et d’audit, ce qui a conduit à une évolution de la méthode d’analyse, pour la rendre encore plus robuste. La démarche peut s’appliquer à tous les secteurs, y compris le transport.
L’objectif de la démarche Biom revient à effectuer une sorte de bio-économétrage.
Concrètement, cela revient à traduire l’engagement RSE et les actions en faveur du développement durable en données comptables. « La démarche Biom aboutit à une valorisation des investissements qui ont aussi une valeur ajoutée sociétale », résume Xavier Entz, chargé de développement commercial chez Biom.
À partir d’une grille référentielle propre à tous les secteurs de la RSE, les équipes de Biom recontextualisent l’évaluation dans l’activité de chaque entreprise auditée. Un premier entretien d’une demi-journée permet de passer en revue les pratiques en vigueur sur une quinzaine de thèmes liés à l’emploi, l’énergie, l’environnement, le développement économique… « Ensuite, on recherche toutes les dépenses associées dans l’exercice comptable, précise Xavier Entz. L’entreprise peut ainsi mettre en avant ce que lui coûte son implication territoriale, environnementale et sociale. Et disposer d’un outil de différenciation, au-delà d’un énième label, d’une certification ou d’une norme. »
Biom propose désormais ses services aux collectivités locales: l’argent public contribue-t-il à construire un territoire durable. Orléans Métropole devrait être la première intercommunalité à s’engager dans une démarche d’évaluation.
En choisissant de s’engager dans la démarche Biom, il y a deux ans, François Herviaux souhaitait mieux valoriser l’ancrage local de sa société et les efforts entrepris pour réduire son empreinte environnementale. « Nous avons voulu aller au-delà de la certification ISO 14001 ou de la Charte CO2, en adoptant une approche systémique qui allie le social et l’économique », explique le chef d’entreprise. La Biom attitude apparaît à la fois comme « un outil d’animation » au sein de l’entreprise et comme un facteur de sensibilisation auprès des élus et donneurs d’ordre. Mais attention, prévient François Herviaux, à ne pas l’aborder uniquement avec l’attente d’un retour sur investissement. « Il faut l’intégrer totalement aux valeurs de l’entreprise et, si possible, sensibiliser les autres professionnels avec lesquels on travaille. »
L’évaluation Biom peut également mettre en relief et objectiver la démarche sociétale d’une entreprise. « Les actions RSE sont de plus en plus valorisées dans les appels d’offres, souligne François Herviaux, mais le déclaratif a ses limites. » Avec les indicateurs Biom, il devient possible de quantifier les choses, et de comparer les entreprises… À condition que les collectivités locales, elles aussi, s’emparent du sujet.
