Première métropole à avoir engagé le retour du tramway en France dès janvier 1985, Nantes est également la première à initier le renouvellement de ses rames les plus anciennes. Le design des nouvelles rames devant être mises en service à partir de février 2022 a été présenté début mars. « Devenu un élément de l’identité nantaise », comme l’a indiqué Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, le tramway devait associer un groupe de citoyens pour la définition du design des futures rames.
Cela s’est matérialisé par la mise en place du projet Tram2 demain. « Cette démarche collective et interactive donnant des résultats innovants », ainsi que l’explique Pascal Bolo, vice-président de Nantes Métropole et président de la Semitan, a réuni 39 personnes entre juin et septembre 2018. L’agence de design RCP (Régine Charvet Pello) s’est appuyée sur les attentes citoyennes pour définir le design des futurs tramways. Il en a résulté la présentation de deux concepts de design, le 25 septembre 2018.
Le design finalement retenu par Nantes Métropole fait partie intégrante du cahier des charges des nouveaux tramways. Il appartiendra aux candidats constructeurs de proposer des solutions adaptées pour s’en approcher au mieux. Surprenant au niveau de sa face avant très plate et légèrement inclinée, le futur tramway sera rendu presque immatériel pour favoriser la contemplation de la ville/jardin par les voyageurs, en ne laissant apparaître que les aspects fonctionnels du véhicule. De fait, le design retenu fait la part belle à de grandes baies vitrées. L’accent a également été porté sur la fluidité de circulation des voyageurs à bord de la rame.
Il était évoqué, jusqu’à présent, une commande potentielle de 61 rames dont quinze en option. Mais une seconde tranche optionnelle de quinze unités a été rajoutée depuis. Tant et si bien que la commande globale pourrait finalement atteindre les 76 unités, les dernières étant réceptionnées fin 2025. Cette commande, estimée à 234 millions d’euros, suscite l’engouement des constructeurs. Ce que confirme Pascal Bolo en se « félicitant que tous les constructeurs soient là ». Lancé fin janvier 2019, l’appel d’offres se concrétisera par l’attribution du marché de l’année!
Réceptionnées à partir du quatrième trimestre 2021, les 46 rames de la tranche ferme remplaceront autant de rames Alstom TFS mises en service entre 1984 et 1994. Le gain capacitaire sera significatif puisqu’il portera sur 50 places, la capacité totale étant de 300 places. Les rames suivantes couvriront les besoins nés de l’extension du réseau.
Deux nouvelles lignes devraient, en effet, voir le jour au milieu de la prochaine décennie. La première desservira la ZAC des Îles et le futur hôpital, tandis que la seconde, transversale, desservira, également, le futur CHU et l’Île de Nantes. La ligne 1 sera, parallèlement, prolongée justifiant la création d’un CETEX (Centre technique et d’exploitation) situé près du pôle d’échanges de La Babinière (future interconnexion L1-L2).
Quant à la possibilité donnée à ces tramways de nouvelle génération de circuler en autonomie, Pascal Bolo et Bertrand Affilé, vice-président de Nantes Métropole en charge des déplacements, expliquent que « cela ne nous apparaît pas souhaitable. Nous ne nous voyons pas, pour l’heure, laisser 300 passagers sans présence humaine ».
Olivier Le Grontec, nouveau directeur général de la Semitan, est revenu sur les problèmes techniques ayant affecté les rames CAF Urbos 3. Livrées à douze exemplaires, celles-ci sont pourtant les plus récentes du réseau, puisque mises en service à partir de 2012. Ces rames ont connu des problèmes de logiciel de freinage courant novembre 2018, ce qui a conduit à les retirer provisoirement du service. Il en a résulté des fréquences moins importantes sur les trois lignes qu’elles desservaient. Le problème ayant été finalement résolu, ces rames ont été remises en service fin février.
