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New York exploite les données des taxis et VTC

Depuis le 1er février, la ville de New York impose à ses taxis réguliers et VTC de lui transférer leurs données transport, ce qui lui permet de mieux connaître les flux sur son territoire et d’agir en conséquence. Big Apple a également instauré un salaire minimum, une taxe urbaine et un gel des licences de VTC.

La ville de New York a décidé de reprendre la main sur sa politique de transport, en commençant par contrôler le marché des VTC. Depuis août 2018, elle a instauré un gel des licences de ces nouveaux entrants, afin d’aider les taxis traditionnels à se maintenir face aux VTC (après huit suicides de chauffeurs professionnels l’an dernier). Cette première mesure n’était qu’un début. Depuis le 1er février 2019, la ville a instauré un salaire minimum horaire de 17,22 $ pour les chauffeurs de VTC (cette décision est actuellement contestée en justice par Lyft et Juno). Ce montant doit garantir, hors frais, l’équivalent du salaire horaire minimum de l’État de New York, soit 15 dollars de l’heure. Il devrait se traduire par une augmentation annuelle moyenne de 9 600 dollars par chauffeur, et d’une hausse du prix des courses de 3 à 5 %. De plus, la Grosse Pomme est allée un cran plus loin en instaurant une taxe forfaitaire destinée à financer la modernisation du métro et à désengorger les rues de Manhattan. La taxe se monte à 2,50 dollars pour les taxis jaunes traditionnels et 2,75 dollars pour les VTC. Mais la ville ne se contente pas d’organiser les conditions de la concurrence. Elle veut tout simplement récupérer toutes les données produites par les opérateurs de transport privés.

Écosystème de transport de la ville

Ainsi, depuis le 1er février également, New York impose aux sociétés de taxis et de VTC de lui fournir toutes les données relatives à l’utilisation de leurs véhicules si elles souhaitent conserver leurs licences. Pour le magazine Wired, qui rapporte cette information, NYC a commencé à s’intéresser aux datas en 2007, lorsqu’elle a imposé le paiement par carte bancaire aux taxis officiels. Les terminaux embarqués, munis de GPS, ont permis d’apporter des renseignements sur l’écosystème de transport de la ville. De quoi repérer les axes marqués par les excès de vitesse et modifier la rue en conséquence, ou à l’inverse détecter les carrefours congestionnés et éventuellement repenser la synchronisation des feux de circulation.

La nouvelle réglementation va permettre à la Commission des taxis et des limousines de la ville (TLC*) d’avoir des précisions extrêmement détaillées. Presque autant que les opérateurs eux-mêmes! Jugez plutôt: date, heure et emplacement des arrêts (montée et descente). Les sociétés de taxis et VTC devront aussi fournir le numéro d’immatriculation des véhicules, leur kilométrage, le parcours de chaque course et combien le chauffeur a été payé, ceci afin de vérifier que le salaire minimum est bien appliqué. En combinant ces données avec ses propres informations, comme les flux en provenance des caméras surveillant le trafic, TLC est déjà capable de savoir quel taxi a grillé un feu rouge. La Commission a ainsi établi un « tableau d’honneur de sécurité » qui récompense les conducteurs méritants. Une politique qui semble porter ses fruits. Entre 2017 et 2018, les accidents mortels impliquant des véhicules réglementés par TLC ont chuté de moitié, passant de 32 à 16, rapporte Wired.

L’exemple new yorkais prouve aux autres villes qu’elles peuvent faire pression sur les opérateurs de VTC pour réguler leurs flottes, mais aussi obtenir une grande partie de leurs données. Une politique qui pourrait bientôt s’appliquer en France, comme le prévoit le Loi d’orientation des mobilités (Lom).

* TLC, l’agence du gouvernement de la ville de New York qui octroie des licences et réglemente les taxis officiels et VTC

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Auteur

  • Grégoire Hamon
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