La start-up Padam, alliée à Setec-ITS, a été choisie par Ile-de-France Mobilités pour proposer un service de transport à la demande sur 40 territoires en zone peu dense d’ici 2023. Une consécration pour cette jeune entreprise créée en 2014.
Le 18 février dernier, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a annoncé la généralisation du service public de transports à la demande (TAD) Flexigo à l’ensemble de sa région. Des minibus aux couleurs d’Ile-de-France Mobilités circuleront en fonction des réservations sur des trajets définis ou dans des zones délimitées grâce à un algorithme développé par le tandem Setec-Padam. Dès cette année, une dizaine de zones en grande couronne seront couvertes, avant une extension progressive d’ici quatre ans sur l’ensemble de la région francilienne. « La création de ce nouveau service public apporte une réponse presque sur mesure et avec la garantie de la même qualité de service, pour de nombreux habitants de la grande couronne qui n’ont pas ou peu accès à la mobilité », justifiait Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et d’IDFM. Cette solution est avant tout destinée aux habitants des zones les moins denses, en complémentarité des modes réguliers comme les lignes de bus ou bien les trains.
La centrale de réservation sera lancée au cours de l’été 2019 et expérimentée jusqu’au mois d’octobre avec trois services de Transport à la demande (TAD), qui restent à définir (sachant que Padam a déjà développé trois services de TAD dans la région). Le service sera élargi dès le mois d’octobre et devrait rassembler 10 TAD avant la fin de l’année. La montée en puissance escomptée est de 40 TAD environ en quatre ans. Contrairement à des lignes de bus classiques, les TAD sont réalisés avec des véhicules de plus petite taille, adaptant leurs itinéraires et horaires en fonction des requêtes des voyageurs. Les réservations pourront se faire soit par téléphone, soit depuis une application dédiée. La réservation faite, l’utilisateur pourra suivre en temps réel sur l’application dédiée l’arrivée de son véhicule. « Le marché francilien, le plus important marché d’Europe sur cette thématique, représente 2,8 millions d’euros sur quatre ans pour la seule centrale », indique la Région.
Pour généraliser le TAD, la Région a décidé de confier les clés de la future plateforme au duo représenté par Setec-ITS, spécialiste de l’ingénierie des services numériques de mobilité, et Padam, une jeune pousse technologique dédiée au transport à la demande.
La signature du contrat avec IDFM devrait donner encore plus de visibilité à Padam, déjà référencée chez les trois opérateurs français RATP Dev, Keolis et Transdev. Créée en 2014, Padam s’appuie sur l’intelligence artificielle pour créer des solutions logicielles en mode SaaS à destination des opérateurs de transport en commun. Elle a bénéficié de l’apport en capital de Setec, puis de Siemens Mobility, à travers deux levées de fonds. La start-up s’est spécialisée dans la « flexibilisation » des lignes de bus, avec une première réalisation à Bristol en 2016, en partenariat avec RATP Dev, pour un service de navette domicile-travail.
Les contrats de Padam se sont enchaînés depuis 2018, avec la mise en place du Flexigo à Gally-Mauldre (Yvelines), en utilisant la billettique du réseau et le pass Navigo (réseau Transdev). Il s’agissait de remplacer cinq lignes fixes par des navettes à la demande pendant les heures creuses. Sept petits véhicules ont pu offrir la même qualité de services que dix plus gros. En avril 2018, même scénario à Orléans Métropole, avec l’instauration du service Tao Résa’Est, opéré par Keolis. Depuis le début de l’année 2019, de nouveaux contrats Flexigo ont été signés avec les villes de Chelles et Meaux, en Seine-et-Marne. Padam a également gagné un marché à Padoue, en Italie, pour la gestion des bus de nuit destinés aux étudiants, ainsi qu’avec la Métropole européenne de Lille. Là-bas, il s’agira de déployer sa technologie de flexibilisation sur 16 lignes de bus fixes « virtuelles » et un service de soirée permettant des départs depuis les stations de métro vers cinq zones périurbaines. Les projets vont donc s’enchaîner pour cette start-up qui profite également du décret publié au Journal officiel le 24 décembre 2018: il permet d’ouvrir davantage la commande publique aux PME ou start-up, en se passant d’appels d’offres pour les projets innovants d’un montant inférieur à 100 000 euros.
