C’est du côté de l’ancien carreau de mines de Montceau-les-Mines que se profile une première mondiale. Celle de la rame de ballastage automatisée (RBA) permettant de réaliser de substantielles économies. SNCF Réseau est à l’origine de cette innovation, en partenariat avec Novium, qui réalisera les deux premiers démonstrateurs, et Option Automatismes. « Le principe de fonctionnement de cette rame composée d’une locomotive en tête, suivie d’un véhicule commandes et contrôles (VCC), de la rame de ballastières, d’un second VCC et, enfin, de la locomotive de queue, est fort simple. Grâce à des radars embarqués, la rame est en mesure de mesurer le profil du ballast, de le comparer aux prescriptions de SNCF Réseau et de déclencher automatiquement l’ouverture ou la fermeture des trappes des wagons de ballast pour déposer la quantité idoine », explique Patrice Hautbois, consultant chez HPCF et ancien de SNCF Réseau.
En d’autres termes, ce « juste nécessaire » permet de réaliser de substantielles économies de ballast à la fois en entretien ou en rénovation de lignes. Une bonne nouvelle assurément, des Régions comme Nouvelle-Aquitaine étant montées au créneau pour dénoncer l’augmentation imprévue du coût de certains chantiers de rénovation de lignes. En année pleine et au plan du seul entretien des lignes, c’est une économie annuelle de 4 à 5 M€ qui pourrait être générée.
Ce ne sont pas là les seuls atouts de ce véritable « tout en un » qu’est la RBA. Elle établira aussi la traçabilité de l’opération de ballastage et permettra d’assurer la conformité de la voie. Là où trois passages sont encore nécessaires pour conduire l’ensemble de ces opérations, il n’en faudra plus qu’un à l’avenir. De fait, les temps de fermeture pour travaux des voies concernées par des opérations de ballastage pourront être réduits.
Véritables tours de contrôles des futurs RBA, les deux VCC sortiront des ateliers Novium à l’automne. La première rame ainsi constituée pourra ensuite conduire ses essais en région Bourgogne-Franche-Comté ou en Pays-de-la-Loire. C’est durant ces mêmes essais que pourront être quantifiés plus précisément les gains attendus. Ils permettront, en outre, de valider d’autres systèmes innovants tels que celui du brumisateur limitant les poussières de ballast.
L’industrialisation de ce nouveau matériel qui fait déjà l’objet d’un intérêt de pays comme l’Allemagne ou la Belgique pourrait suivre à partir du printemps 2020.
A l’occasion d’un séminaire organisé à Paris par Régions de France et l’Association française pour l’hydrogène et piles à combustible (AFHYPAC), élus et industriels ont appelé l’État à adopter une politique pérenne de soutien au développement de la filière. Les Régions explorent l’intégration de l’hydrogène comme vecteur de stockage de l’énergie solaire ou éolienne, pour en particulier améliorer l’autonomie énergétique des zones insulaires. Elles préparent aussi l’arrivée de trains à hydrogène sur les lignes régionales, et développent des écosystèmes territoriaux permettant le déploiement de véhicules à hydrogène et de stations de recharge. Ces projets, qui constituent les bases d’un développement industriel, nécessitent des moyens financiers appropriés pour l’accomplissement des objectifs du Plan national de déploiement de l’hydrogène lancé le 1er juin 2018. L’État s’est engagé au travers d’une enveloppe de 100 millions d’euros dès 2019. Dans un courrier conjoint adressé ce jour au Premier ministre, les présidents Hervé Morin (Régions de France) et Philippe Boucly (AFHYPAC) saluent cet engagement et « appellent de leurs vœux sa pleine concrétisation, mais surtout sa pérennisation pour les prochaines années ».
