Cinq ans après la DUP (déclaration d’utilité publique) le tracé de la ligne 5 a enfin été dévoilé. Il s’agit pour la Métropole de Montpellier de mieux desservir le nord de la ville de Montpellier, en direction de Clapiers et notamment le Campus universitaire ainsi que le quartier Agropolis qui concentre les sites de recherche agronomique. À l’autre bout de la ligne, il s’agit de desservir les quartiers ouest de la ville, Ovalie, Bagatelle, La Martelle en direction de Lavérune village devenu zone dortoir à la circulation trombosée par le trafic pendulaire. Le projet tel qu’il est présenté aujourd’hui pourrait coûter 450 M€, dont 296 M€ à la charge de la Métropole de Montpellier (État: 31 M€, région Occitanie: 50 M€, département de l’Hérault: 23 M€ sollicités). « Nous avons pu conserver la DUP initiale malgré les modifications du tracé, notamment pour épargner le parc Montcalm. On évite ainsi de casser cinq hectares de parc public. Et surtout, cela permet de desservir tous les quartiers populaires de l’ouest. La politique de la ville, c’est justement de désenclaver ces quartiers afin qu’ils ne deviennent pas des ghettos » explique Philippe Saurel, maire DVG et président de Montpellier Méditerranée Métropole.
Pour réaliser cette ligne 5, Philippe Saurel a dû reprendre le projet de son prédécesseur et rival, le socialiste Jean-Pierre Moure, battu en 2014. « Nous construisons cette ligne sans augmentation de la fiscalité à l’inverse de mes prédécesseurs socialistes, qui voulaient augmenter la fiscalité métropolitaine de 9 % » poursuit Philippe Saurel, qui a décidé d’étaler les investissements d’ici 2025, date à laquelle la ligne serait mise en service, juste avant les élections municipales de 2026. Car à Montpellier, depuis Georges Frèche le tramway est aussi un véhicule politique tout-terrain.
« Malgré les déclarations d’ailleurs souvent fluctuantes de Philippe Saurel, nous n’avons à ce jour aucune certitude que cette ligne sera véritablement métropolitaine, qu’elle sortira du Montpellier intra-muros. En fait, la seule certitude à ce jour, c’est que les travaux seront bel et bien lancés avant la fin 2019, pour servir la campagne électorale des municipales. Mais il appartiendra aux vainqueurs des élections d’achever la ligne », répond Éric Boisseau, responsable de l’AUT locale (Association des usagers du transport). Lui-même dénonce surtout le coût pharamineux de cette ligne, et surtout son tracé sinusoïdal. « La TAM, qui exploite le réseau, souhaitait un tracé tendu pour privilégier l’équilibre économique d’exploitation. Mais surtout, Besançon construit une ligne de tramway à peu près identique à celle de Montpellier pour un investissement deux fois moins important », assène-t-il encore. Pour cette nouvelle desserte, le bus à haut niveau de service a été écarté.
Depuis la création du réseau, le tram de Montpellier fait appel aux designers, et joue la carte de la diversité: Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti ont signé la livrée de la ligne 1, Christian Lacroix avait pris le relais pour les lignes 3 et 4. Pour bien marquer la différence d’avec le projet de ses prédécesseurs, Philippe Saurel a jeté aux oubliettes les sexy dessins de Miss Tic. L’artiste avait pourtant remporté l’appel d’offres lancé en association avec la société Yellow Window. « Pour cette ligne 5, qui leur appartient, les habitants doivent être consultés », explique le maire. Pour créer la robe de la ligne 5, ils le seront à double titre. Ils pourront participer à un grand concours qui mêlera à la fois artistes contemporains, peintres de renommée mondiale, dessinateurs amateurs et même les enfants des écoles. Cela promet des centaines de contribution qui seront publiés sur le site Internet de la ville pour que les citoyens votent et opèrent une présélection.
