Après une période de réflexion, la communauté d’agglomération de La Rochelle a sauté le pas. Le 1er avril dernier, elle a mis en place une tarification sociale et solidaire pour son service de transport public Yélo. « Auparavant, nous avions des tarifs préférentiels pour les stagiaires, les jeunes en formation professionnelle, les réfugiés, demandeurs d’asile… mais nous nous sommes aperçus que nos tarifs étaient trop élevés pour certaines familles qui achetaient des titres de transport à l’unité faute de pouvoir acquérir un abonnement. Une étude a d’ailleurs révélé que la moitié des tickets plein tarif était achetée par des usagers issus des quartiers relevant de la politique de la ville », déplore Brigitte Desveaux, vice-présidente de l’agglomération en charge du Transport.
Pour remédier à cette situation, la collectivité, accompagnée d’un bureau d’études, a opté pour une tarification progressive: – 80 % sur l’abonnement mensuel ou annuel pour un quotient familial inférieur ou égal à 350 € (soit un abonnement Yélo Liberté à 70 € par an au lieu de 350 €); – 65 % pour un quotient entre 351 et 550 € (soit 122,50 € par an) et – 50 % jusqu’à 650 € (soit 175 € par an). Ce nouvel abonnement donne accès en illimité au service de bus, passeurs et bus de mer, parcs-relais et TER.
Au total, cette mesure qui va coûter 500 000 euros par an à la collectivité devrait concerner 3 700 personnes, soit environ 10 % des passagers. Si la capitale de la Charente-Maritime n’a pas opté pour la gratuité, Brigitte Desveaux n’écarte pas entièrement cette idée. « Le budget transport sur La Rochelle est de 30 millions d’euros. Les recettes commerciales s’élèvent à 6 millions. On ne peut pas d’un coup balayer cette somme d’autant que nous nous sommes engagés à ne pas augmenter la fiscalité, le prix des transports ni la contribution des entreprises au cours de l’actuelle mandature. Néanmoins, la porte n’est pas fermée. Nous allons mener une étude sur le sujet. Et si nous adoptons ce principe, ce ne sera de toute façon pas avant les prochaines municipales », tient à préciser l’élue qui milite également pour que soit repensé le fonctionnement du versement transport.
En fin d’année, l’agglomération a renouvelé sa DSP pour son service d’autopartage, auparavant détenue par Proxiway. Elle a retenu la Scop France Autopartage dont le siège est à Strasbourg. Le nouveau contrat prévoit de porter la flotte à une soixantaine de véhicules, électriques et hybrides, contre 28 auparavant. Le périmètre sera étendu aux communes de la première couronne (Périgny, Aytré, Puilboreau, Lagord) avec des véhicules disponibles hors station (free floating). Enfin, les maires du reste de l’agglomération pourront également demander qu’une station soit installée dans leur ville. « La DSP concernant le service vélo est en cours de renouvellement. Là aussi le service sera étendu. Par ailleurs, nous allons introduire des vélos électriques ainsi qu’un contrat de location longue durée », conclut Brigitte Desveaux.
