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Zones rurales: des transports publics inadaptés

À la campagne, le manque de solution globale de transport impose l’usage de la voiture. Constat partagé par la Cour des Comptes dans un rapport sur l’accessibilité des services publics dans les territoires ruraux, rendu public le 20 mars dernier. La Cour rappelle notamment une étude publiée en 2012 par le Centre d’analyse stratégique (devenu France Stratégie) sur « Les nouvelles mobilités dans les territoires périurbains et ruraux », qui a conclu que deux tiers des kilomètres parcourus pour les déplacements quotidiens dans les espaces ruraux ou faiblement urbanisés sont réalisés en voiture. La Haute-Saône détient le record: 83 % des actifs se rendent en voiture à leur travail, soit 13 points de plus que la moyenne française. Ce mode de transport pose un problème particulier pour les jeunes et les personnes âgées: les premiers sont confrontés à des difficultés économiques, et les aptitudes des autres peuvent poser problème pour utiliser la voiture.

Pour la Cour des Comptes, la dépendance à la voiture est principalement due au manque de développement des transports interurbains. La faible part du transport collectif dans les zones peu denses « résulte à la fois d’une offre de desserte souvent limitée, d’un cadencement faible et d’un manque d’intermodalité ». Même quand elle existe, l’offre est parfois sous-utilisée. Toujours en Haute-Saône, 19 lignes interurbaines régulières existent, dont 9 quotidiennes et 10 à la demande, mais seulement une cinquantaine de personnes les utilisent.

Coût prohibitif du TAD

Le transport ferroviaire en région ne répond pas à toutes les demandes. « La plupart des régions ont construit le plan de transport des TER en répondant en priorité aux besoins des abonnés (domicile-travail et domicile-études), selon la Cour des Comptes. Cette politique a conduit à favoriser les liaisons en zones périurbaines et aux heures pleines de la journée, en cohérence avec un système ferroviaire qui doit maximiser les volumes pour amortir les coûts d’infrastructure et d’exploitation. » En zone rurale, les gares TER ne sont accessibles qu’avec un premier moyen de transport.

Des solutions ont été tentées, notamment avec les transports à la demande. C’est le cas dans l’Aisne avec le Herbus, un service de transport de porte à porte à partir de chaque village jusqu’à un centre-bourg. L’objectif: permettre aux habitants d’effectuer leurs démarches administratives et d’aller à leurs rendez-vous médicaux, pour une somme de 4 € l’aller-retour. Le déficit annuel était réparti entre le syndicat mixte du Pays de Thiérache et le département. Mais ce service a été supprimé en 2017 « en raison de son coût et de l’évolution des usages », relève la Cour des Comptes. Celle-ci estime que les transports à la demande « ne peuvent être considérés comme une solution de transport quotidien ».

Avec le projet de Loi d’orientation des mobilités, en ce moment en discussion au Parlement, le gouvernement tente de répondre à ces problèmes qui ne sont pas nouveaux. Cependant, les sénateurs se sont vite montrés déçus par le manque d’ambition du texte, et la faiblesse des moyens proposés.

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Auteur

  • Olivier Hielle
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