Christophe Badesco: Deux mois après avoir lancé l’open payment à Dijon sur le réseau de tramway, nous avions déjà atteint les chiffres de fréquentation que nous pensions obtenir au bout d’un an. Nous étions les premiers à partir sur le sujet en France et nous sommes à la fois rassurés et surpris par le nombre sans cesse croissant d’utilisateurs. Chaque semaine, nous comptabilisons un tiers de nouvelles cartes. Cette offre correspond clairement à un besoin de simplification en termes de commercialisation et de tarifs. En un an, nous avons comptabilisé 650 000 validations et 83 000 nouveaux utilisateurs.
C. B.: À Dijon, après six mois d’utilisation, l’open payment représentait 23 % du volume des titres unitaires alors que seules les lignes de tramway étaient concernées. Ce chiffre est à comparer avec Londres, où l’open payment a été mis en place dès 2012 dans les métros, puis en 2016 dans le bus. Là-bas, les billets payés par carte bancaire représentent 60 % des titres payés au tarif unitaire.
C. B.: Nous avons rencontré un petit bug sur une journée en décembre avec une perte d’information, ce jour-là les clients n’ont pas été facturés. Curieusement, personne ne s’est plaint! Nous avons également rencontré quelques pannes mécaniques ou électroniques sur les équipements, mais rien qui entrave le bon fonctionnement du système.
C. B.: L’open payment déployé à Dijon, contrairement à ce que pourrait laisser supposer son nom, n’est pas du paiement mais du post-paiement. Dans le cadre d’un paiement sans contact, le calcul du montant est immédiat. Ce n’est pas le cas à Dijon, car le montant final n’est facturé qu’en fin de journée.
C. B.: Nous sommes très sollicités en Europe, avec des projets en Italie ou en Belgique notamment, ainsi qu’au Proche-Orient, avec beaucoup de travail au Qatar où Keolis, en partenariat avec RATP Dev et Hamad Group, a gagné le contrat d’exploitation et de maintenance du futur réseau de transport public sur rail.
C. B.: Notre système d’open payment fonctionne avec les cartes bancaires sans contact des réseaux Visa et Mastercard.
C. B.: La carte bancaire du client sert uniquement d’identifiant, car les droits transports sont stockés sur le serveur central. C’est le principe de l’Account-Base Ticketing (ABT). Ainsi, le lecteur de carte présent à bord du bus ou du tramway n’a pas besoin d’être intelligent, car l’intelligence est déportée vers le système d’exploitation. Donc, concrètement, le lecteur va lire le numéro d’une carte bancaire, le crypter et l’envoyer au système central. En quelques secondes, le client sera accepté ou non sur le réseau. Lorsqu’un contrôleur va vouloir vérifier à bord la carte bancaire d’un utilisateur, il scannera la carte avec une sorte de mini-terminal de contrôle portatif, de la taille d’une boîte d’allumette. Ce boîtier va également interroger le ou les équipements à bord pour vérifier que la carte a bien été validée lors de la montée.
C. B.: La portée n’est pas très importante, de l’ordre de 3 à 4 cm car l’antenne d’une carte bancaire est réduite de moitié par rapport à celle d’un pass de transport. De même, si le client possède deux cartes bancaires, elles risquent d’être toutes deux validées, c’est ce que les Anglais appellent le card clash, il est donc préférable de sortir sa carte bancaire pour valider.
C. B.: Actuellement, le tarif appliqué est le plein tarif, car le paiement est lié à la carte bancaire, qui bien évidemment ne fait aucune mention des caractéristiques de son possesseur.
C. B.: La prochaine évolution, qui sera mise en place à Dijon à la mi-2019, concernera la possibilité de voyager à 2, 3 ou 4 personnes avec une seule carte bancaire.
C. B.: D’une manière générale, nous préférons que le client garde un geste de validation, c’est rassurant pour tout le monde et cela évite les ambiguïtés. Au-delà de cet aspect, les applications de paiement par smartphone représentent certainement une bonne idée, mais il faut veiller à ne pas être trop élitiste et proposer un système qui ne fonctionne que pour 1 % de la population, avec tel opérateur téléphonique et telle marque de smartphone. D’une manière générale, il vaut mieux opter pour des solutions simples et accessibles au plus grand nombre.
