Grèves et réforme de la SNCF, reprise de 35 Mds€ des dettes de SNCF Réseau par l’État… Si 2018 a été considérée comme une année charnière, par le directeur régional sud de SNCF Réseau, 2019 sera placée sous le signe de la préparation des sillons à l’ouverture à la concurrence des lignes TER. La région Sud étant l’une des régions pilotes. L’établissement, chargé de la modernisation et de la maintenance des voies ferrées, va investir cette année 241,50 M€ dans son réseau qui s’étend sur 1 289 km.
Thalys, Thello, Eurostar sont dans les starting-blocks… L’ouverture à la concurrence voulue par le président de la région Sud, à compter de décembre 2019, constitue une opportunité pour SNCF Réseau de « développer de nouveaux marchés, assurer des recettes supplémentaires grâce aux ventes de sillons aux autorités organisatrices de transport. Une direction spéciale a été créée en vue de l’ouverture du marché », a expliqué le directeur territorial de l’établissement, Jacques Frossard, le 13 mars dernier.
Présentant le bilan d’activité et les perspectives de l’entreprise en région, il est revenu sur l’impact des grèves SNCF au printemps dernier sur son programme de maintenance des voies. « Nous avons rencontré des difficultés à réaliser certains chantiers et il a fallu donner un coup de collier en fin d’année », précise M. Frossard.
L’été dernier, SNCF Réseau a lancé le coup d’envoi des travaux d’augmentation de capacité de la ligne Marseille – Gardanne – Aix-en-Provence (180 M€ de budget). À l’achèvement du chantier, en 2021, le nombre de TER (de plus grande capacité) devrait doubler et la fréquence sera portée à un train toutes les 15 minutes Une hausse de trafic qui a suscité l’inquiétude des riverains relayée par Maryse Joissains. La maire d’Aix, qui avait déposé l’an dernier un recours contentieux, l’a finalement retiré après avoir obtenu des garanties quant à la réalisation de travaux acoustiques par SNCF Réseau, et l’engagement de la Région à faire circuler en priorité sur cette ligne les premiers trains expérimentaux à hydrogène ou au gaz.
Sur les 227 M€ investis en région par l’établissement l’an passé, le remplacement du viaduc de la Siagne, sur la commune de Mandelieu-La Napoule, a été le principal chantier. En 2019, la SNCF portera son investissement à 241,50 M€, dont 153,50 M€ affectés à la modernisation et 88 M€ alloués à la maintenance. « Le chantier de renouvellement des voies entre Marseille et Toulon n’a pas très bien commencé. Nous avons connu des soucis de matériel et d’organisation. Il va se poursuivre en 2020 et 2021. Cette année, nous allons investir 70 M€ dans le renouvellement des voies de ballast sur cet axe », a précisé Jacques Frossard. Des travaux de mise en accessibilité des gares de La Ciotat et de Nice-Riquier sont également prévus. De janvier à avril, des travaux d’allongement des quais ont été effectués sur la gare de Vitrolles-Aéroport-Marseille-Provence, pour un montant de 2,30 M€. Portés à 220 m, les quais permettront de recevoir des trains de plus grande capacité.
Menacée de fermeture, la ligne centenaire de la Côte Bleue, reliant Marseille à Miramas via Martigues, va faire l’objet de travaux de modernisation pour 35 M€ grâce à la mobilisation des collectivités. Au programme: confortement des parois rocheuses, filets protecteurs et protection côté mer pour éviter les chutes de pierres. Somptueuse mais tortueuse, cette ligne ferroviaire accueille quotidiennement 1 300 à 1 500 passagers. Pour mener à bien le chantier, la ligne sera fermée à compter du 31 août 2020. Une ligne de plus en plus prisée des populations habitant sur la Côte Bleue pour se rendre à Marseille. Quant à la Ligne nouvelle Provence-Côte-d’Azur, inscrite au rang des priorités de la Loi d’orientation des mobilités, les études de recalage de ce projet ont été lancées; elles seront suivies d’une concertation publique.
