Le samedi 27 avril, la Compagnie des transports du Pays de Montbéliard est devenue le réseau Evolity. Un changement de dénomination qui traduit l’adaptation du réseau de transport urbain aux nouvelles dimensions de la communauté d’agglomération, passée de 29 à 72 communes au 1er janvier 2017. Exploitant du réseau depuis le printemps 2017, la société Moventis (filiale française de l’espagnol Moventia) s’est donc consacrée à la réorganisation autour de trois lignes de Transport à haut niveau de service (THNS). L’objectif fixé par l’autorité organisatrice était à la fois de simplifier et d’optimiser le réseau, avec des tracés les plus directs possible, et un niveau d’offre maintenu ou accru sur les axes secondaires les plus fréquentés.
Le réseau se complète d’un service de transport à la demande, TADy, sur l’ensemble des territoires ruraux de la nouvelle agglo, et d’un service dédié aux personnes à mobilité réduite. Une offre nocturne est également proposée à destination de la salle de spectacle l’Axone, du stade de football et du Moloco, une salle de concerts. Grâce à la nouvelle appli Evolity, les voyageurs disposent d’une information en temps réel, également disponible à bord des véhicules.
L’autorité organisatrice a investi près de 10 millions d’euros pour le lancement de cette nouvelle offre de transports, en comptant les aménagements urbains et l’acquisition d’une cinquantaine de nouveaux véhicules, dont 25 Iveco Créalis articulés GNV. Trois parcs-relais ont également été aménagés à proximité des principaux pôles du réseau.
Près de 9 millions de voyages ont été enregistrés en 2018, et les objectifs fixés par la DSP tablent sur une augmentation de fréquentation de 4 % à partir de 2020. Déjà, la modification des tarifs appliquée dès le printemps 2017, a permis d’augmenter de 30 % la vente des titres seniors.
Dans un bassin de vie comme celui de Montbéliard, les transports publics représentent seulement 6 % des déplacements. Sur la terre de Peugeot, la voiture reste reine, et il est difficile de faire évoluer les comportements. Le transport public reste la solution de mobilité des captifs, et avant tout des scolaires, qui représente 60 % des validations. Le fonctionnement du réseau est intégralement assuré par le versement transport, alors que le taux de couverture des recettes commerciales sur les dépenses de fonctionnement ne dépasse pas 15 %.
Cette situation pourrait cependant évoluer dans les prochaines années. En effet, Montbéliard est située dans l’aire urbaine de Belfort, et les deux villes partagent non seulement une gare TGV située sur la ligne Rhin-Rhône, mais également un hôpital. Ces pôles attracteurs sont desservis par les deux réseaux. Du côté de Moventis, on a choisi de confier à un sous-traitant local, les cars Maron, l’exploitation de cette ligne, opérée avec des autocars Setra. Les transports publics ont leur carte à jouer dans ce territoire en pleine densification, où la mobilité augmente.
Premier réseau français remporté par Moventia, Montbéliard est une véritable vitrine pour le gain de nouveaux appels d’offres. Les ambitions du groupe espagnol, qui exploite les bus et le tramway de Barcelone, se portent sur les villes moyennes, avec ou sans TCSP. Sans précipitation. « La priorité de Moventia reste la consolidation du travail entrepris à Montbéliard », tempère Grégory Carmona, directeur général de Moventis.
