Rendue responsable de tous les maux par les uns, révérée comme une icône politique et culturelle par les autres, l’Europe semble mettre l’ensemble des électeurs d’accord sur un point: leur réticence à se rendre aux urnes. Les taux de participation devraient donc suivre la tendance à la baisse observée depuis plusieurs années. L’Europe est compliquée, l’Europe est ennuyeuse, l’Europe est déconnectée des préoccupations des citoyens… et les mandats de députés européens sont si peu attractifs que même les poids lourds de l’échiquier politique ne se pressent pas pour figurer sur les listes. À l’exception des partis les plus radicaux.
Pourtant, comme le rappelle le travail d’analyse des différents programmes effectué par le think tank TDIE (Transport Développement Intermodalité Environnement), l’action du prochain Parlement européen dans le domaine des transports sera marquée par la prise en compte accrue des mobilités du quotidien, l’aboutissement du dialogue sur le volet social du paquet routier, la révision de la directive Eurovignette, et l’accompagnement du Brexit. De plus, les transports se trouvent impactés par les choix en matière de protection de l’environnement, d’énergie, d’industrie ou de recherche. Autant de sujets qui auront des conséquences concrètes dans la vie de tous les jours de nos concitoyens.
Les décisions prises à Bruxelles impactent les niveaux d’émission de CO2 des véhicules, mais aussi leurs équipements de sécurité, ou encore le mode de gestion des infrastructures. Le modèle de concurrence régulée qui caractérise l’UE prend des formes variées suivant les États membres, mais diffère fondamentalement du libéralisme total, ou de l’interventionnisme, et imprime sa marque sur la mise en œuvre des politiques de mobilité. Chahutée et remise en question, la construction européenne doit sans doute se réinventer pour faire face aux nouveaux équilibres (et déséquilibres) internationaux. Espérons qu’elle saura conserver sa nature profonde, faite d’humanisme et de démocratie.
