Aix-en-Provence et Istres ont expérimenté entre 2016 et 2018, les nouveaux usages liés à la smart city avec l’ambition commune d’améliorer la qualité de vie de leurs administrés et des touristes qui arpentent leurs ruelles. Ces deux villes de taille moyenne bénéficient de la souplesse de la gouvernance, propice à l’expérimentation numérique. Au terme de 24 mois de tests, les directeurs des systèmes d’information des deux villes ont livré leur retour d’expérience.
Optimiser la dépense publique en ajustant au mieux la consommation d’eau, d’électricité, les tournées de nettoyage, analyser le bruit, la qualité de l’air au cœur des artères, dans les écoles maternelles, mesurer les flux piétons… Des mini-stations urbaines et compactes ont fait leur apparition dans les rues, au sommet des campaniles. Ces derniers mois, Aix-en-Provence et Istres se sont transformées en laboratoires à ciel ouvert dans le cadre des travaux de la commission Smart City de l’association Medinsoft, qui s’affiche comme le cluster métropolitain de la transformation digitale.
Présidée par Kevin Polizzi, président de Jaguar Network, cette commission fédère une trentaine d’entreprises traditionnelles et de startup du numérique d’Aix-Marseille Provence. Le 25 avril dernier, l’hôtel de ville d’Aix-en-Provence a fait salle comble lors de la restitution de ces expérimentations réalisées par les adhérents de Medinsoft. « Nous avons expérimenté en centre-ville un usage innovant en travaillant sur quatre piliers des politiques publiques: la propreté, la mesure de la pollution atmosphérique et sonore, la fréquentation des flux piétons », explique Stéphane Paoli, adjoint à la maire d’Aix-en-Provence chargé du numérique. Au cours des dix-huit derniers mois, la commune a fermé à la circulation automobile une trentaine de rues dans le souci d’apaiser la ville. Une décision qui n’est pas sans impact sur les flux piétons. Entre 2016 et 2018, 150 capteurs et six antennes sans fil LoRa ont été installés dans l’hyper centre de la Cité du Roy René.
Cheville ouvrière de ce démonstrateur, la direction des systèmes d’information (DSI) de la ville. « Nous avons travaillé en équipe à la recherche des solutions les plus pertinentes en open data. Le programme Aix Living places [totems numériques sur les principales places, ndlr] et l’appli Aix ma ville, ont été développés en collaboration avec Jaguar Network et thecamp. Nous travaillons sur l’optimisation des éclairages et sur l’arrosage intelligent », détaille Jérôme Richard, DSI d’Aix-en-Provence. Aix ma ville concentre toutes les infos sur la disponibilité des parkings de la ville, l’agenda culturel, la découverte du patrimoine. En revanche, pour toutes les questions centrales de mobilité, Stéphane Paoli explique qu’en la matière, les décisions relèvent désormais de la compétence métropolitaine.
L’ambition de la ville d’Aix consiste à maintenir l’attractivité de la ville en 2030 grâce aux nouveaux outils nécessairement interopérables. Au regard des retombées de cette expérimentation, Aix entend désormais couvrir les 18 600 ha de la commune. « Cette solution qui associe industriels et startup fonctionne. À terme, nous réaliserons des économies », avance l’élu, également conseiller métropolitain, qui vient de lancer l’appel d’offres.
Istres s’est engagée dans un process similaire. « Nous suivons les traces d’Aix-en-Provence, nous réalisons un démonstrateur destiné à déployer les objets connectés appliqués à l’environnement, l’éducation. Nous avons lancé l’appli mobile Istres Commerce », explique Sophie Caste, directrice de l’innovation numérique et des systèmes d’information. Avec une gestion intelligente de l’éclairage public, Istres souhaite réduire sa consommation et sa facture d’électricité. « L’éclairage représente 16 % de la consommation énergétique et 41 % de la facture électrique de notre commune. Notre module de surveillance assure le suivi de la consommation, détecte les ampoules défectueuses », complète la DSI.
Des idées pour le moins lumineuses, également pour les membres de la Commission Smart City de Medinsoft, qui centralise les offres. Les entreprises adhérentes, qui ont le sens des affaires, ont élaboré à l’adresse des collectivités territoriales un catalogue renfermant l’ensemble des produits et services disponibles (capteurs, antennes, caméras, détecteurs…).
