L’intégration du covoiturage aux politiques de mobilité devrait se renforcer dans l’avenir, portée par la Lom, qui compte 29 articles visant à soutenir cette pratique. Le potentiel du covoiturage est à la mesure du taux d’occupation moyen d’une voiture: 1,08, c’est-à-dire rarement plus que le conducteur. Encourager le covoiturage permettrait non seulement de dé-saturer les axes routiers, mais aussi de réduire les émissions de CO2 et de particules. Selon Guillaume Ficat-Andrieu, expert en mobilité chez Systra, les premiers retours d’expériences sont probants. Une étude menée à Lyon en 2015 sur le covoiturage courte distance a démontré une réduction des émissions. Rapportés à une année, les résultats sont de 1 250 tonnes de CO2, 3 710 kg de Nox, 935 kg de COV, 230 kg de PM 2,5 et 280 kg de PM10. Le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), rendu public en janvier 2018, proposait, quant à lui, une objectivation théorique du potentiel que représentent les sièges libres dans les véhicules particuliers pour la mobilité locale (trajets de moins de 80 km). À l’échelle nationale, et considérant que la sphère publique paie 3 centimes par place kilométrique pour les services de transports publics, le covoiturage représente un potentiel estimé à 45 milliards d’euros par an de dépense publique.
Toute la difficulté pour les pouvoirs publics consiste à définir quelles formes de covoiturage soutenir, et à quel niveau, afin de diffuser ces comportements de mobilité. Du covoiturage planifié au covoiturage dynamique en passant par l’auto-stop organisé, il existe de multiples typologies d’offres adaptées aux différents territoires et motifs de déplacements. « Il est absolument indispensable d’intégrer le covoiturage le plus en amont possible, dans toutes les formes de planification des déplacements », observe Guillaume Ficat-Andrieu. La réussite du covoiturage repose sur cinq piliers principaux: la mise en place d’une infrastructure dédiée (voirie ou stationnement); le financement public via une subvention et une tarification attractive; la fiabilité de l’offre via des lignes virtuelles ou le retour garanti; la gouvernance, qui suppose un chef de file assumé et un partenariat opérationnel entre différents niveaux institutionnels; et enfin l’observation et l’évaluation des dispositifs mis en œuvre.
