Créée par le célèbre entrepreneur britannique Richard Branson, lui-même fondateur de la compagnie aérienne Virgin Atlantic, Virgin Trains vient de proposer des réformes radicales dans le secteur ferroviaire afin de mettre en place un modèle proche de celui de l’aérien. Cela permettrait, tout à la fois, d’en terminer avec les trains surchargés, d’encourager la concurrence et d’attirer de nouveaux investissements privés à long terme.
À la manœuvre, comme le relate le site RailTech(r) .com, l’équipe de direction de Virgin Trains souligne notamment que « la mise en place de nouveaux horaires au cours des dernières années a conduit les voyageurs à lutter pour entreprendre le plus basique des voyages quotidiens. Trop souvent, les améliorations ont été mises en place tardivement. Les trains sont surchargés et la tarification des billets est incompréhensible ». Face à ce sévère constat, l’opérateur a donc proposé au gouvernement britannique de mettre en place quatre recommandations clés basées sur le modèle du transport aérien.
La première proposition concerne les relations à longue distance. La première étape devrait consister en la création de créneaux ferroviaires à l’image de ceux existant dans l’aérien. Ils se substitueraient au système actuel de relations franchisées. Ainsi, sur une ligne comme Londres-Manchester, les opérateurs en concurrence pourraient soumissionner pour se répartir des départs à heures fixes. Ainsi, ce système de créneaux pourrait renforcer la concurrence entre opérateurs et améliorer le service rendu à la clientèle. Pour des relations nettement moins chargées, Virgin Trains propose de regrouper des créneaux rentables et d’autres qui ne le sont pas, pour améliorer le service sur les lignes perdant de l’argent. Cela permettrait de réduire les subventions étatiques pour financer le déficit des lignes.
La seconde étape résiderait en la mise en place de trains à réservation obligatoire comme cela existe pour le TGV français, par exemple.
Pour les lignes régionales, Virgin Trains recommande de changer les termes de la concession, plaidant pour la mise en place d’une licence d’opérateur portée à vingt ans. Elle s’explique très simplement par la nécessité pour les opérateurs de réaliser des investissements à grande échelle et d’en obtenir un retour sur investissement.
La troisième recommandation vise à convertir les gares ferroviaires en espaces multifonctionnels. Comme l’indique l’opérateur, « les gares peuvent remplir un rôle accru plutôt que de n’être qu’un seul point d’accès pour les voyageurs. En sus de la restauration pour répondre aux besoins des clients ferroviaires, les stations peuvent aussi devenir de véritables pôles intermodaux locaux ou régionaux. Elles pourraient devenir également des centres commerciaux et de loisirs tout en abritant des services sociaux ».
Enfin, Virgin Train prône une nouvelle gouvernance du système ferroviaire. La compagnie suggère de « créer un régulateur qui se concentrera sur la sécurité et sur les dispositions pour les personnes à mobilité réduite. Il n’interviendrait donc pas sur les autres secteurs dont celui de la concurrence entre opérateurs, celle-ci étant basée sur l’expérience client ». Avant de conclure en indiquant que « la régulation doit être simplifiée avec une unique autorité fonctionnant indépendamment du gouvernement, ce dernier devant, de son côté, diriger le réseau et conduire les investissements d’une façon indépendante ».
