Malgré une raréfaction des stationnements de courte durée, le second opérateur de parkings à Paris affiche un CA en hausse de 12 % en 2018, reposant sur le gain de nouveaux contrats et le déploiement de nouveaux services.
Alors que l’automobile est vilipendée à Paris, la Société anonyme d’économie mixte d’exploitation du stationnement de la Ville de Paris (Saemes) a réussi le tour de force d’afficher un chiffre d’affaires record de 49,2 M€ en 2018, en hausse de 12 %. De bons résultats qui s’expliquent notamment par une augmentation de ses parts de marché à Paris. La SEM, qui fête ses 40 ans cette année, espère même faire mieux en 2019. « Nous visons 50 M€ », a indiqué Alain Devès, directeur général de Saemes lors de la présentation des résultats, le 16 avril dernier.
2018 a été marquée par le démarrage de deux nouveaux contrats de délégation de service public (Haussmann-Berri et Mairie du XVe), de quoi conforter la seconde position de Saemes en termes de part de marché sur Paris. Ces deux parcs représentent près de 2 500 places qui viennent s’ajouter aux 24 500 places déjà exploitées par l’entreprise. Saemes assure également depuis novembre 2018 une prestation de services pour le parking public du grand magasin Printemps Nation. Autre nouveauté, la SEM a profité de la réforme du stationnement payant en voirie, mise en œuvre depuis le 1er janvier 2018, pour gagner le contrat de la ville de Chatou (78), petite compensation cependant par rapport au marché parisien, qui lui a échappé.
En 2018, Saemes a investi près de 5 millions d’euros dans la rénovation des équipements des parkings de la mairie du XIVe, mairie du XVe, et Pyramides. Un montant relativement sage par rapport aux trois années précédentes (100 % du CA de 2015 à 2017) et avant une année 2019 de nouveau élevée (11 M€), dédiée en bonne partie à la refonte intégrale du parking de Haussmann-Berri, qui compte 2 200 places. En moyenne, Saemes investit entre 1/4 et 1/5 de son chiffre d’affaires chaque année, en respectant un cahier des charges assez strict en matière de développement durable, puisque la SEM a été le premier opérateur de stationnement en France certifié « management environnemental ».
L’an passé, Saemes a continué à s’adapter à la baisse de la fréquentation de la clientèle unitaire (stationnement inférieur à un mois) en offrant de nouveaux services. La SEM a proposé ainsi un service de conciergerie de voitures de collection, en partenariat avec Horse &Road, et s’est également associée à la société DetailCar pour le lavage à sec des véhicules. L’opérateur a aussi accueilli de nouveaux partenaires de l’autopartage avec l’arrivée de Zencar et Easymore. Au sein du parking de Gare de Lyon, Saemes propose depuis l’an dernier un service de location de véhicules disponibles sur smartphone avec ADA, Toosla et Virtuo. Enfin, Saemes propose aussi des offres d’abonnements multiparking pour les artisans et TPE travaillant sur Paris, ainsi que des abonnements à prix réduit pour les navetteurs aux portes de Paris, un service qui peine encore à trouver preneur (cf. interview). 2018 a également officialisé la publication des données dynamiques des places de parking, dans une démarche d’open data, ce qui permet de la réservation de places de stationnement de courte et moyenne durée en temps réel.
Répartition du capital: Ville de Paris (50,6 %), Effia (33,27 %), Autres (23 %: Caisse des Dépôts, Société nationale immobilière, Régie immobilière de la ville de Paris, Chambre de commerce et d’industrie de Paris, Paris Habitat);
90 parkings exploités;
27 200 places en ouvrage et voirie;
2,3 millions de clients horaires accueillis;
12 500 abonnés et amodiaires;
49,3 millions de CA (74 % parcs publics, 21 % parcs résidentiels, 4 % gare routière, 1 % parcs relais);
244 salariés.
