Le Syndicat mixte des transports de l’aire métropolitaine lyonnaise se dote d’outils lui permettant d’envisager les futures solutions de mobilité au regard des grands flux de déplacement. Avec un pouvoir limité et sans financements, le SMT AML se positionne avant tout comme une instance de réflexion et de coordination.
Face à l’enjeu de fluidifier les déplacements sur la grande Aire métropolitaine lyonnaise, les élus et acteurs de ce territoire unissent leurs forces afin de dépasser les schémas locaux. Sous l’égide du SMT AML, composé de cinq autorités organisatrices de transports
Non content de dresser un état des lieux des infrastructures et des outils de mobilité du territoire, le travail du SMT AML a aussi permis d’identifier 75 actions à visée opérationnelle qui sont à étudier, développer ou lancer dans la période 2019-21. Ces actions s’articulent dans leur majorité autour d’un travail à réaliser à travers des pôles d’échanges multimodaux. Il s’agit en priorité de leur aménagement et de leur développement, mais aussi de réfléchir sur l’amélioration des rabattements en voiture et du stationnement dans les pôles d’échanges, sur l’organisation des dessertes en transports collectifs et des correspondances en vue d’améliorer la coordination des offres, des horaires et l’information voyageur. L’accessibilité en vélo et le stationnement dans les pôles d’échanges; les initiatives de transports alternatifs comme le covoiturage ou l’autopartage et la mise en place de tarifications combinées ou zonales font également partie des sujets qui sont mis sur la table.
Partant de cet état des lieux, le SMT AML souhaite « tracer un chemin vers une mobilité durable au service des usagers sur ce grand territoire de coopération ». La tâche s’annonce délicate car comme le souligne son président, « le SMT AML ne dispose d’aucun pouvoir prescriptif, pas plus que d’un chéquier ». L’idée est donc de capitaliser sur l’intelligence collective pour faire avancer les solutions de déplacement. Et de s’appuyer sur les arbitrages déjà actés, notamment les investissements fléchés dans le Contrat de plan État Région (CPER) afin de faire converger les solutions de mobilité avec les grands projets financés à travers le CPER. Enfin, les spécificités géographiques et la qualité des équipements de déplacements présents doivent aussi être prises en compte. « Il y a des territoires sur lesquels nous avons de faibles marges de manœuvre sur les infrastructures », fait remarquer Thierry Kovacs.
Au-delà des bonnes volontés, la SMT AML se dote de quelques outils de nature à dynamiser son action. Le premier d’entre eux prend la forme d’un comité de suivi des réalisations des 75 actions. « Nous ferons le point une fois par an à l’échelle de chaque bassin de déplacements », promet Thierry Kovacs. Le syndicat continuera par ailleurs de tenir à jour la liste des projets qui s’engagent et qui s’achèvent et, surtout, il poursuivra son rôle de facilitateur de dialogue entre les territoires et les autorités organisatrices des transports. « Nous sommes arrivés au bout d’un exercice en imaginant que chacun peut traiter la mobilité à l’échelle de son périmètre », assure Thierry Kovacs. Ce travail commence d’ores et déjà à porter ses fruits puisque les adhérents du SMT AML viennent d’ouvrir le chantier de l’harmonisation des grilles tarifaires. « Nous allons travailler en recherchant l’harmonisation entre nos différentes pratiques », souligne Fouziya Bouzerda, présidente du Sytral. Pour l’heure, sur les 75 actions identifiées, la moitié sont engagées et financées. À l’image de l’aménagement des pôles d’échanges multimodaux de Perrache, de la Part-Dieu ou de Bourgoin-Jallieu ou de la création d’un titre T-Libr avec les réseaux TER, Libellule, Cars du Rhône et TCL. La marge de manœuvre du SMT AML devrait donc être restreinte.
En revanche, pour l’autre moitié, l’objectif est bien désormais d’envisager leur concrétisation au regard de la réalité des déplacements des personnes au quotidien sur ce vaste territoire où vivent 2,6 millions d’habitants. Et ce, en dépassant les périmètres administratifs et en favorisant l’intermodalité. L’enjeu est de taille. Non seulement sur le périmètre du SMT AML, mais aussi au-delà car l’objectif est bien, à terme, de faire école sur les aires urbaines de Grenoble et de Clermont-Ferrand. « Ce syndicat mène un travail de laboratoire. Nous regardons s’il est possible de travailler dans cet esprit sur les autres métropoles pour organiser les mobilités sur ces territoires métropolitains, mais aussi au-delà pour organiser l’ensemble des transports régionaux au sein des zones urbaines et périurbaines », trace Martine Guibert, vice-présidente du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes en charge des transports.
• les aménagements et développements des gares et pôles d’échanges;
• l’organisation du dialogue et de l’action au sein des pôles d’échanges multimodaux;
• l’amélioration des rabattements en voiture et du stationnement dans les pôles d’échanges;
• l’organisation des dessertes en transports collectifs et des correspondances en vue d’améliorer la coordination des offres, des horaires et l’information voyageur;
• l’accessibilité en vélo et le stationnement dans les pôles d’échanges;
• les initiatives de transports alternatifs comme le covoiturage ou l’autopartage;
• la mise en place de tarifications combinées ou zonales.
* Créé le 24 janvier 2013, le Syndicat mixte de transports pour l’Aire métropolitaine lyonnaise – SMT AML – (de type Loi SRU) constitue la structure de coopération institutionnelle dédiée au transport sur un bassin de vie de 2,6 millions d’habitants. Il regroupe la région Auvergne – Rhône-Alpes, le Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’Agglomération lyonnaise (Sytral), Saint-Étienne Métropole, la Communauté d’agglomération porte de l’Isère (CAPI) et Vienne Condrieu agglomération. Le périmètre d’intervention du SMT AML couvre 435 communes et 4 départements sur lesquels sont implantées 117 gares, environ 300 lignes de bus et cars, 900 trains quotidiens, 16 000 places de stationnement en parc relais.
