Samedi 25 mai, jour de marché, élus et Aixois se sont pressés devant la Rotonde, fontaine qui signe le début du cours Mirabeau, pour découvrir l’identité visuelle du futur Bus à haut niveau de service, baptisé Aixpress. Les bus électriques commandés au constructeur espagnol Irizar prendront du service le 2 septembre prochain.
Quelques jours après son « grand frère » amiénois, et trois mois avant sa mise en service programmée, le 2 septembre 2019, le Bus à haut niveau de service (BHNS) aixois a dévoilé son identité. À l’avant, l’Aixpress offre des formes généreuses et galbées, habillées d’orange. Sur les côtés, une ligne blanche serpente au sommet des parois vitrées sombres. Ce sont les étudiants de l’école de communication visuelle d’Aix-en-Provence qui ont planché sur la conception graphique des véhicules. « Aix est la deuxième agglomération après Amiens à s’équiper de 16 autobus 100 % électriques de 12 m de long. Quant aux travaux, nous avons respecté les délais à 15 jours près », s’est réjoui, le 25 mai dernier, Henri Pons, vice-président de la Métropole Aix-Marseille Provence, et président de la RDT 13.
L’opérateur interne à la métropole, chargé d’exploiter la ligne pour le compte de Keolis, dans le cadre du réseau Aix-en-Bus, a déboursé 7,50 M€ dans l’achat de la flotte à Irizar. Des bus dont la livraison s’échelonnera jusqu’à la mi-août.
Afin d’éviter tout roulage inutile des véhicules dont l’autonomie se limite à 40 km, les bus seront stationnés en bout de ligne, dans l’entrepôt de la RDT13 du Pont-de-l’Arc. La recharge prévue de part et d’autre de la ligne devrait durer entre 4 et 5 minutes.
Interrogés sur les dysfonctionnements rencontrés sur le réseau Nemo à Amiens, les services de la métropole restent prudents. « Jusqu’en septembre, nous allons effectuer des réglages des dispositifs de recharge qui sont sensibles », explique Jean-Louis Dalmasso. Le directeur général adjoint délégué aux transports à la métropole Aix-Marseille Provence a d’ailleurs prévu de se rendre à Amiens afin de bénéficier de l’expertise de l’agglomération picarde.
« Nous allons démarrer cette semaine les essais du pantographe », explique Nadir Faid qui fait partie d’un pool de 40 chauffeurs affectés à la ligne du BHNS. « Il se conduit très bien, il est manœuvrable, confortable et silencieux! Ça va être nickel! », lance-t-il, ravi de faire découvrir ce véhicule aux Aixois.
La ligne du futur réseau métropolitain qui s’étend sur 7,2 km, traverse la ville depuis le parking relai du Krypton, longe les facultés de droit, d’économie et des sciences avant de gagner Saint-Mitre au nord-ouest en passant par la Fondation Vasarely. « Nous avons des points de recharge à Saint-Mitre et au Krypton pour permettre aux bus d’effectuer une recharge à chaque aller-retour », complète Jean-Louis Dalmasso, qui rappelle que 80 % de la ligne Aixpress est en site propre. Un passage toutes les 7 minutes assorti d’une gestion automatique des feux de circulation devrait fiabiliser les temps de parcours, estimés à 30 minutes. L’Aixpress circulera de 5 h 30 à 23 h 30 en semaine et jusqu’à minuit et demie le week-end. Ce projet a représenté un investissement global de 99,2 millions d’euros (52,10 M€ de la métropole, 33,75 M€ du département, 7,50 M€ de la RDT 13, 5,10 M€ de l’État et 0,75 M€ de la Région).
Réunie en assemblée générale le 19 mai, l’Association nationale pour les transports éducatifs de l’enseignement public (Anateep) réaffirme son attachement à l’égalité d’accès, pour tous les jeunes, où qu’ils habitent, au service public de l’Éducation nationale. Chaque jour, le transport scolaire est indispensable à un tiers des élèves scolarisés en France et des centaines de milliers de familles.
Dans ce cadre, la gratuité permet d’éviter qu’à des inégalités spatio-temporelles et sociales s’ajoute une inégalité financière. En agglomération comme en zone rurale, l’Anateep demande que les autorités organisatrices, tout en optimisant la qualité du service, assurent la gratuité d’un aller-retour quotidien pour tout élève, de la maternelle au lycée, ou d’un (voire deux) aller-retour hebdomadaire pour les internes. Pour l’Anateep, une contribution citoyenne de responsabilisation correspondant au maximum à 5 % du coût total annuel du transport d’un élève est acceptable.
La gratuité du transport scolaire ne doit pas être assimilée à la gratuité du transport public, car toutes deux relèvent de problématiques distinctes.
