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Tourisme

Région Sud: l’autocar progresse pour la desserte des stations de ski

Gagner les cimes enneigées des Alpes-de-Haute-Provence, les stations de ski des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes en autocar depuis Paris, Nice, Aix et Marseille… marginal en 2005, ce moyen de transport se développe progressivement, en partie grâce au réseau des lignes express régionales. Avec la libéralisation des lignes, les cars Macron ont donné un nouvel élan depuis trois ans à l’autocar, emprunté à la fois par une clientèle nationale et internationale, qui arrive en France par avion ou par train. Ce service gagnerait à être amélioré au niveau des interfaces et étoffé avec l’ajout de fréquences supplémentaires.

Lorsque les premiers flocons commencent à tomber, les citadins ont une irrésistible envie de dévaler les pentes… Pour gagner les Alpes, nul besoin de posséder une voiture, les autocars relient depuis plus de dix ans les métropoles aux stations de ski entre décembre et fin avril. En région Sud, un service d’autocars transporte les passagers vers les 32 stations de ski des Alpes du Sud. « Les navettes desservent les stations depuis les portes d’entrées nationales et internationales du territoire », explique Romain Wino, en charge du développement du réseau des transports en commun à l’aéroport Marseille-Provence.

Les « navettes blanches » régionales, rebaptisées en 2019 la « Neige en bus » avec la création du réseau Zou, relient la gare d’Aix-TGV et l’aéroport Marseille-Provence aux stations de ski du sud de la France. Si à l’origine ce service en autocar était dédié aux personnes munies de billet de train ou d’avion, la région Sud a décidé, voilà deux ans, d’élargir leur accessibilité à l’ensemble des résidents de la région. Ces derniers représentent 20 % de la fréquentation de cette navette et 40 % sont des clients français non régionaux.

3 600 passagers en 2017-2018

« Ce choix s’est révélé payant. Lors de la saison 2017-2018, plus de 3 600 passagers ont emprunté ce réseau à destination du Val-d’Allos, des Orres, de Risoul, de Praloup, de Superdévoluy, de Vars, d’Orcières, ou encore de Puy-Saint-Vincent, représentant ainsi une augmentation de près de 12,5 % de la fréquentation globale. Si la vocation touristique historique de ces navettes perdure, leur coût en fait l’un des moyens de transport privilégiés des jeunes de 16 à 25 ans et des familles en provenance d’Ile-de-France et de la région Sud. Cette dernière saison a vu une augmentation importante de la clientèle parisienne », précisent les services du conseil régional de la région Sud. Si les passagers plébiscitent ce moyen de transport à la fois pour son prix, la tranquillité d’esprit, le confort des autocars (dotés de wifi), ce service pourrait, selon leurs témoignages, être amélioré.

« C’est très sympa, nous partons le matin de Paris et arrivons le soir à Puy-Saint-Vincent. Depuis dix ans, nous prenons le train jusqu’à Aix et ensuite le car. Tout se passe bien à ceci près que l’arrêt n’est pas signalé. Nous avons l’habitude maintenant, mais nous constatons bien souvent que les gens sont perdus », racontent durant le trajet Bernard et Béatrice, toujours ravis de retrouver par ce biais leurs enfants et petits-enfants dans le sud de la France.

Cherchez l’arrêt

L’absence de signalisation des arrêts sur l’ensemble des trajets reste le principal point noir de ces services. À tel point que le chauffeur doit être suffisamment perspicace pour comprendre que la personne esseulée sur la route à Briançon attend la navette au mauvais endroit. Et il n’est pas rare que le chauffeur fasse le tour de la ville, voire appelle les passagers sur le portable pour les récupérer. L’explication est simple pour les trajets retour. À l’aller, le chauffeur dépose les passagers, parfois à la nuit tombée, en leur indiquant que le car passera au même endroit dans une semaine! Sans panneau de signalisation, dans la neige, retrouver l’arrêt s’apparente à un jeu de piste!

Stress de la correspondance

Les étrangers représentent 20 % de la clientèle. Un peu plus stressé que le couple de retraités, Xavier vit à Londres avec son épouse et leur fille de 12 ans, férue de ski. Cette famille anglaise raconte ses craintes de rater la correspondance avion-autocar à l’aéroport. « Nous sommes partis ce matin et le voyage s’est déroulé sans temps mort, je redoutais que l’avion soit en retard, car il y a une seule navette par semaine, le samedi. Ce serait bien qu’il y ait davantage de fréquences. J’ai préféré l’autocar à la location de voiture, car je ne voulais pas conduire sur les routes enneigées », raconte Xavier, sur le chemin des Orres.

L’aéroport reconnaît que l’interface gagnerait à être améliorée, afin de sécuriser la correspondance et détendre les voyageurs. « Nous devons organiser la coordination avec le bureau information de l’aéroport en cas de retard, pour que la navette attende les passagers », observe Romain Wino.

Originaire de Quimper, Julie Oudart, 21 ans, a pris l’avion à Brest avant de sauter dans le car en direction de Serre-Chevalier. « Je ne conduis pas. Ma mère a réservé le billet sur internet. C’est la deuxième année que je prends la navette et c’est bien pratique, il faut juste changer de car », souligne la jeune femme. En effet, ces fameuses navettes « directes » peuvent nécessiter d’effectuer un voire deux changements afin d’adapter au mieux la capacité du véhicule au nombre de passagers, dont les réservations sont enregistrées sur le site.

Du grand tourisme au van…

Si au départ, les autocars sont de très grande capacité, arrivés à Gap, les voyageurs sont priés de descendre pour être répartis dans de plus petits véhicules, avant de changer une nouvelle fois à la gare de Montdauphin-Guillestre pour terminer le trajet en van. L’aéroport et le comité régional du tourisme travaillent main dans la main pour étoffer ce service de navettes. « Nous ciblons les TO étrangers qui peuvent s’engager sur des volumes de nuitées à la condition de développer les navettes en autocar. Nous devons mettre en place un travail collectif avec les stations », complète Romain Wino. Si les Anglais fréquentent assidûment les stations du Sud, le CRT s’intéresse de plus en plus aux voyageurs russes. « Avec les nouvelles lignes aériennes en provenance de Moscou, nous avons démarré des eductours auprès des TO Russes », explique Loïc Chovelon, directeur du CRT Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’aéroport de Turin constitue une autre porte d’entrée de la clientèle internationale (Anglais, Scandinaves, Russes) qui rejoint ensuite l’étoile briançonnaise via le col du Montgenèvre en autocar.

Dans les Alpes-Maritimes, les lignes régionales Azur partent de l’aéroport Nice-Côte d’Azur pour rejoindre 1 h 30 plus tard les stations d’Isola 2000, Auron et Valberg. Avec, en prime, des forfaits Ski-Bus. Pour les stations du Mercantour, la compagnie Santa Azur assure les liaisons régulières depuis la gare routière de Nice et depuis l’aéroport. S’agissant de Valberg, c’est la compagnie Broch qui assure les liaisons.

Autocars Imbert: Tout schuss!

À la faveur de la libéralisation du marché, les autocars Imbert proposent depuis l’hiver 2015/2016 de déposer des vacanciers directement au pied des pistes depuis Paris et Marseille. L’autocariste guillestrois, qui a élargi le nombre de stations de ski desservies, souhaite parvenir à améliorer son taux de remplissage, qui plafonne à 50 %.

« Nous sommes dans une phase de lancement, l’hiver 2018/2019 fut notre troisième saison, en hausse de 30 %, avec 860 voyageurs en provenance et à destination de Paris et 300 personnes de Marseille. C’est un trafic encore marginal, l’autocar doit rentrer dans les mœurs et nous devons communiquer davantage, même si nous bénéficions de l’appui de l’agence du développement touristique des Hautes-Alpes, des offices du tourisme, des TO et des hébergeurs. Nous touchons une clientèle nationale et internationale qui réserve son billet sur Internet », explique Pascal Imbert, gérant de l’entreprise familiale qui incarne la sixième génération.

À la tête d’une flotte de 70 véhicules, les autocars Imbert ont commencé par desservir les stations de Vars, Risoul, du Queyras et des Orres. « Nos autocars partent de la porte Maillot, à Paris. C’est pratique et bien desservi par le métro. L’année prochaine, nous devrions partir de Bercy en raison de travaux sur le parking Pershing. À Marseille, nous partons de la gare Saint-Charles, d’Aix-TGV et de l’aéroport Marseille-Provence. Notre service fonctionne avec l’ouverture des stations de ski, et nous avons élargi l’an dernier nos destinations à Puy-Saint-Vincent, Crévoux, Serre-Chevalier et Montgenèvre », détaille Pascal Imbert. À l’hiver 2018/2019, ses autocars ont effectué 25 trajets depuis Paris et 15 depuis Marseille. « Notre ambition réside à la fois dans l’augmentation des fréquences et du taux de remplissage, actuellement à 50 % », poursuit-il.

Au départ de Paris, les voyageurs embarquent le vendredi soir à bord d’autocars de très grand tourisme (Setra ou Mercedes de 53 places) pour arriver le samedi afin de coïncider avec les locations saisonnières. « Partir à la neige en voiture suppose que le véhicule soit équipé. Or avec l’autocar, c’est la tranquillité, et le trajet est direct. Parfois, nous effectuons des ruptures de charge au garage, mais nous nous occupons des bagages », assure Pascal Imbert, qui va désormais déployer des avantages tarifaires pour fidéliser sa clientèle.

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Auteur

  • Nathalie Bureau Du Colombier
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