Bertrand Picard, directeur commercial France de Siemens Mobility, détaille la stratégie de Siemens. Du Grand Paris Express au métro parisien, en passant par les projets de métro nantais et la digitalisation…
Bertrand Picard: Siemens Mobility accélère beaucoup son développement sur les nouvelles technologies en rapport avec la digitalisation et le verdissement du parc. Nous essayons de pénétrer de nouveaux marchés sur la base de nos nouveaux produits qui sont en rupture technologique. Cela nous permet, ainsi, d’être différenciant.
S’agissant de nos ambitions sur le marché français, nous nous intéressons, bien entendu, aux nouveaux appels d’offres du Grand Paris Express, en particulier ceux de la ligne 18, mais aussi aux opportunités SNCF avec le projet Argos, les extensions des RER E et celles de la RATP sur les lignes MF19 et les lignes conjointes des RER B et D. Nous avons aussi remporté plusieurs contrats d’automatismes en CBTC pour l’extension de la ligne 14 ainsi que pour les lignes 15, 16 et 17.
Nous regarderons aussi de près les extensions du réseau de tram-trains français avec notre matériel Avanto. Enfin, après le Cityval de Rennes et sa ligne B actuellement en essais, des perspectives se font jour pour répondre aux besoins de Toulouse et de sa troisième ligne de métro. Ce ne sont pas là, toutefois, nos seuls prospects. Il existe un groupe de réflexion à Nantes et à Bordeaux pour une solution métro. Enfin, pour la partie aéroports, nous pourrions aussi fournir, le moment venu, les premiers Airval (notre navette automatique sans conducteur) pour l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle. Ces besoins sont en lien avec la création du futur Terminal 4 et avec la mise en place d’une troisième ligne devant assurer l’interconnexion entre tous les terminaux.
B. P.: En référence à la digitalisation évoquée plus haut, nous développons des solutions permettant aux opérateurs de valoriser leurs données. C’est le cas avec Mindsphere, notre système d’exploitation Cloud pour centraliser ces données, et avec la solution Railigent, laquelle transforme les données en valeur. À titre d’exemple, un seul train produit 1 milliard de points de données par an, ce qui constitue une mine d’informations qui permet d’améliorer la performance du train en anticipant ses pannes et le confort des voyageurs. La digitalisation s’applique également à l’information des voyageurs. Ainsi, ces derniers peuvent être informés des centres d’intérêt sur leur parcours, comme les lieux touristiques, la présence de commerces ou de services publics.
Nous avons aussi investi dans des start-up, comme Padam, pour favoriser le transport collectif à la demande. Aimsun est une autre de nos filiales de ce type, qui répond aux besoins de régulation/gestion du trafic. Elle a, en effet, développé des applications à même de proposer, par exemple, des itinéraires de délestage.
B. P.: La livraison de la 25e et dernière rame du contrat coïncidera avec les Rencontres nationales du transport public à Nantes, du 1er au 3 octobre prochain. Nous l’exposerons donc à cette occasion. Les essais qui ont débuté au cours du second semestre 2018 se déroulent comme prévu. Aux essais dynamiques actuellement menés succéderont les essais systèmes à partir de cet automne. Nous sommes confiants quant à leur bon déroulement, la seconde ligne de Rennes utilisant un automatisme qui a notamment fait ses preuves sur la ligne 1 du métro parisien et qui équipera également les lignes 4 et 14 ainsi que celles du Grand Paris Express. Après Rennes, nous assurerons la mise en exploitation des futures rames Airval commandées par les aéroports de Bangkok et de Francfort. La différence majeure entre les Cityval de Rennes et les Airval de Bangkok résident dans leur largeur. Les rames urbaines présentent une largeur de 2,65 m, et les rames aéroportuaires sont 15 centimètres plus larges du fait que les passagers aériens sont munis de bagages plus ou moins volumineux.
