Afin de pouvoir bénéficier d’une relation « in house » avec son autorité organisatrice, la compagnie strasbourgeoise vient de changer de forme juridique. Après avoir été fondée sous la forme d’une entreprise privée en 1877 puis de passer en société d’économique mixte dans les années 1910, la CTS est devenue, ce 6 juin, une société publique locale (SPL). L’Eurométropole de Strasbourg (EMS) détient 80 % de ses parts et la région Grand Est les 20 % restants. Exit donc ses douze anciens actionnaires minoritaires, à l’instar de Transdev et Keolis. Ce dernier conserve, néanmoins, « un membre au conseil d’administration, en tant que censeur, au titre d’un contrat de partenariat que nous avons avec lui », précise Jean-Philippe Lally qui a été reconduit au poste de directeur général de la compagnie. Renouvelée en 2018 avec Keolis pour une durée de cinq ans, ladite prestation de service porte sur cinq points, dont les contrats fournisseurs.
Sa transformation en SPL interdit à la CTS d’être actionnaire majoritaire de filiales. Ainsi, la Compagnie des transports bas-rhinois (CTBR), dont elle détenait 61 %, va être dissoute en août et remplacée par une nouvelle SPL, dont la région Grand Est va posséder 80 % et l’EMS 20 %. La CTS vient, par ailleurs, de céder des parts de Strasbourg Mobilités (en charge des vélos partagés Vélhop) au gestionnaire de stationnement Parcus afin qu’il détienne une action de plus qu’elle.
Pour rappel, la création de la SPL CTS est l’aboutissement d’un contrat de performance signé avec l’EMS, son autorité organisatrice, visant à lui assurer, sans mise en concurrence, le renouvellement de la concession de son réseau au 1er janvier 2021. Sa réussite reposait sur des mesures permettant une économie de 5 millions d’euros sur la contribution 2019 de l’EMS. « Trois millions d’euros d’économie ont déjà été atteints en 2018 », pointe Alain Fontanel, le président de la CTS qui, lui aussi, a été confirmé dans sa fonction. À terme, l’objectif fixé va même être dépassé de 250 000 €.
Également entérinés ce 6 juin, les résultats 2018 de l’entreprise mettent en exergue, notamment, un taux de couverture des dépenses par les recettes ayant franchi le cap des 48 %. Précision: la fréquentation du réseau a enregistré une hausse de 4,2 % pour atteindre les 457 000 voyages quotidiens, tandis que l’offre kilométrique a augmenté de 2,7 %. Cette dernière va progresser cette année avec l’ouverture, ce 17 juin, d’un prolongement de 1,6 km du réseau de tram au cœur du quartier strasbourgeois de la Robertsau, puis d’une desserte en bus électriques Aptis des institutions européennes en novembre. Une nouvelle extension tram de 1,4 km est encore prévue à l’été 2020.
