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Les lignes liO relancent l’intermodalité en Occitanie

Il y a un an était lancé le service public régional des transports à l’échelle de la région Occitanie. Des tracés interdépartementaux et express ont fait leur apparition, tandis que le sigle liO, pour lignes intermodales d’Occitanie, est venu orner les cars et les TER.

Au printemps 2018, l’Occitanie lançait le service public régional des transports à l’échelle de la région. Sur les cars et les trains, est apparu le flocage liO, pour lignes intermodales d’Occitanie.

Jean-Luc Gibelin, vice-président, en charge de la mobilité et des infrastructures transports aux transports de la région Occitanie, évoque « les trois piliers » sur lesquels s’appuie le maillage territorial: les cars interurbains et scolaires, le TER et les pôles d’échanges multimodaux. Et ce, au travers des territoires urbains et ruraux des 13 départements. La Région finançant le routier et le ferroviaire, Jean-Luc Gibelin rappelle qu’il faut « les rendre complémentaires et non concurrents ».

Avec un fonctionnement régional de 300 millions d’euros, le réseau compte plus de 300 lignes régulières d’autocars, plusieurs centaines de lignes scolaires et des services de transport à la demande. De nouveaux tracés interdépartementaux voient le jour, tel celui reliant Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, au Tarn et à la Haute-Garonne (lire page 24).

Pour l’heure, il n’existe qu’une seule ligne express dénommée Tex, pour TarnExpress, qui relie Albi – Gaillac – Saint-Sulpice-Lavaur. « Son principe est de relier des aires de covoiturage sur un parcours rapide avec une cadence d’un car tous les quarts d’heure en heures de pointe », détaille Jean-Franck Cornac, directeur mobilités proximité à la Région. Sur le même principe, quatre lignes Hop du réseau liO Arc-en-Ciel fonctionnent en Haute-Garonne.

Mais l’organisation est loin d’être uniformisée: « Pour les transports scolaires, sur les treize départements, nous avons onze façons différentes d’organiser », explique Jean-Luc Gibelin. Quant aux Hautes-Pyrénées et à la Haute-Garonne, elles ont encore la main sur leur réseau départemental. Leurs délégations prendront fin en 2020 et 2021. En revanche la gamme tarifaire est harmonisée et la gratuité pour les scolaires à la rentrée 2021 est confirmée par la présidente de Région.

Rabattement

Pour le TER, la Région débourse 300 millions d’euros de fonctionnement et 200 millions d’investissements. L’an dernier, l’Occitanie a signé avec SNCF une convention TER 2018-2025. Mais la présidente de Région a vu rouge en raison de quelque 17 000 TER en retard. Le vice-président aux transports rappelle toutefois que la fréquentation augmente de 2 % malgré toutes les grèves de l’an dernier.

De nouvelles liaisons sont annoncées d’ici la fin 2019, dont des allers-retours quotidiens supplémentaires au départ de Toulouse vers Perpignan, Montauban et Pau. Sans oublier quatre trains en plus par heure de pointe en zone urbaine autour de la ville rose. Autre point que la Région entend développer: les parkings relais. Le car servant alors en rabattement sur le réseau ferré.

Le conseil régional veut mettre l’accent sur les pôles d’échange multimodaux (PEM). Ainsi, fin avril a été inaugurée la première tranche des travaux du PEM Occitanie Pays de Lunel, près de Montpellier. « Nous avons 4 500 communes, dont 2 700 ont une gare ou une halte SNCF. Il faut donc une articulation des différents modes de transports », souligne Jean-Luc Gibelin

Un quatrième point du volet mobilité se dessine même, « à travers l’engagement de la Région pour l’acquisition de vélos électriques, le soutien à l’autopartage… Et pas seulement en milieu urbain », ajoute l’élu, évoquant des autos partagées dans le parc régional des Grands-Causses.

Saint-Sulpice à la loupe

Raphaël Bernardin, maire de Saint-Sulpice-la-Pointe, voit sa ville comme un « mini-laboratoire » de l’intermodalité.

Saint-Sulpice-la-Pointe est une commune tarnaise, située au nord-est de Toulouse, à la limite de la Haute-Garonne. Avant que la Région ne récupère les transports interurbains, les bus haut-garonnais ne desservaient pas la commune. « Maintenant, on a une ligne Montauban (Tarn-et-Garonne) – Saint-Sulpice, qui passe par la Haute-Garonne », explique le maire, Raphaël Bernardin.

Fin 2016, une étude avait été réalisée sur les déplacements des 9 000 habitants de la commune, dont la moitié est des actifs. Sur 4 500 personnes, environ 1 800 travaillent aux alentours, « les autres s’exportent, explique le maire, pour une majorité sur Toulouse, d’autres vont à Gaillac ou Albi, ou encore Castres ».

60 % de ceux qui se rendent à Toulouse effectuent le trajet en voiture, le reste optant pour le TER, dont la ligne déjà bien cadencée vient d’être renforcée aux heures de pointe. « Il y a jusqu’à 700 passagers par jour, dont la moitié vient de Saint-Sulpice et le reste des alentours », précise Raphaël Bernardin. Quant aux cars de la ligne express, ils sont utilisés pour se rendre à Lavaur, Castres et Albi. Les usagers laissent leur voiture au parking gratuit de Gabor, situé à la sortie de l’autoroute. Comparé au train, ils estiment que ces lignes « sont cadencées et fiables ».

L’une des demandes fortes des Saint-Sulpiciens serait d’avoir également une ligne express vers Toulouse, « jusqu’à une station de métro, ce qui créerait de l’intermodalité. Il faudrait pouvoir ensuite se déplacer avec le même ticket », poursuit Raphaël Bernardin, qui aimerait voir sa ville devenir « un minilaboratoire » en la matière.

Rouler au marc de raisin

Jean-Luc Gibelin, vice-président régional aux transports, met en avant une « valorisation des carburants propres ». Insistant bien sur le pluriel. « Un mix énergétique », entre le GNV, l’hydrogène, l’électrique mais aussi un test au bio-éthanol. « Entre Vauvert et Vergèze, une ligne de car fonctionne à l’éthanol. Ce n’est pas une production céréalière: une distillerie de Vauvert récupère le marc de raisin. »

Les véhicules qui effectuent, depuis début avril, cette liaison de moins de 10 km entre ces deux communes du Gard sont alimentés à partir de bioéthanol ED95 Raisinor.

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Auteur

  • Charline Poullain
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