La mission d’information sur la sécurité des ponts, créée par dix sénateurs après l’effondrement du viaduc autoroutier de Gênes (Italie), l’été dernier, a rendu son rapport. Selon ces travaux, au moins 25 000 ponts sont en mauvais état structurel et posent des problèmes de sécurité et de disponibilité pour les usagers. Un premier bilan, effectué à l’automne par le ministère des Transports, avait établi que 23 des 164 grands ponts routiers du réseau national nécessitaient des travaux urgents. Les sénateurs réclament donc un plan Marshall pour rénover ces ouvrages d’art dans les 10 ans à venir, et insistent sur le manque d’ingénierie dans les petites collectivités locales, dont dépendent 18 à 20 % des ponts qui posent problème. 7 % des ouvrages fragilisés sont situés sur le réseau géré par l’État, et 8,5 % sur celui des départements.
Selon le rapport, les moyens consacrés à l’entretien des ponts routiers devraient être portés à 120 millions d’euros par an (contre 45 millions en moyenne ces dernières années). Les sénateurs préconisent également la création d’un fonds d’aide aux collectivités locales, doté de 130 millions d’euros par an pendant dix ans en réaffectant l’enveloppe dédiée à la mise en sécurité des tunnels (qui prendra fin en 2021). Les sénateurs relèvent au passage un certain flou sur le recensement des ponts, dont le nombre exact n’est pas connu, mais estimé entre 200 000 et 250 000.
