Choisi à l’arraché fin 2018 pour fournir les rames et exploiter la liaison CDG Express, le consortium Keolis-RATP Dev a de quoi éprouver depuis le sentiment d’une victoire à la Pyrrhus. Il n’a toujours pas signé le contrat de concession avec l’État, qui avait retenu son dossier contre celui de Transdev alors qu’il urgeait de conclure pour pouvoir ouvrir avant les JO de 2024. Quant à Alstom, le fournisseur des rames choisi par les vainqueurs, il expliquait avoir absolument besoin de ce contrat pour faire la jointure entre deux commandes dans son usine de Reichshoffen. Mais le report du projet à fin 2025 devrait paradoxalement dégager l’horizon. « La signature du contrat qui est du ressort du ministère de l’Ecologie devrait bientôt intervenir », commente l’entourage d’Élisabeth Borne, sans plus de précision. Keolis n’en sait pas plus, mais comprend que la tutelle devait d’abord statuer sur les échéances pour faire figurer le nouveau calendrier dans le contrat de concession.
Le 29 mai, la ministre des Transports Élisabeth Borne a annoncé le « report » de la mise en service de la ligne à fin 2025. Le préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot, avait auparavant balisé le terrain en montrant dans un rapport qu’une ouverture pour les JO de 2024 obligerait de nombreuses fermetures anticipées de la ligne du RER B à 23 heures et à une fermeture complète de la partie nord pendant trois semaines à l’été 2023, touchant 250 000 usagers par jour. Le scénario retenu propose d’étaler les chantiers et avec davantage de coupures le week-end pour le RER B sur 2021-2023. Ce qui ne fait pas taire les critiques de l’opposition contre ce « train des riches ». Est-il menacé? Élisabeth Borne assure que non. « Le CDG Express est indispensable pour Paris et l’Ile-de-France. Il sera donc réalisé et mené à son terme. » La signature fera foi…
