SNCF Réseau a dévoilé fin juin 2019, les détails du projet relatif à la ligne nouvelle Côte d’Azur. Le projet s’articule en quatre phases, dont le coût se situe entre 3 et 3,4 milliards d’euros en fonction des options retenues. L’État devrait financer la moitié du projet global, charge à SNCF Réseau de solliciter les collectivités territoriales pour l’autre moitié. Les deux premières phases, qui représentent un investissement de 2,3 Mds€, portent sur l’amélioration des trains du quotidien, selon les vœux de la ministre Élisabeth Borne, avec un doublement des TER. De 140 TER par jour, Saint-Charles sera en capacité de traiter 286 TER par jour à l’issue des travaux. Ville la plus embouteillée de France, Marseille doit également faire face à des dépassements réguliers des seuils de pollution. Depuis le 27 juin, la circulation y est limitée aux véhicules les moins polluants durant les pics de pollution. L’État, avant même le vote de la LOM, avait souhaité accélérer le pas: « Le Comité d’orientation des infrastructures, en mars dernier, a mis en avant la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA) et défini la désaturation des nœuds ferroviaires marseillais et niçois comme une priorité », rappelle Jean-Marc Illes, directeur territorial adjoint de SNCF Réseau en région Sud et chef de mission LNPCA.
Ainsi, de juin à octobre 2019 s’ouvre une période de concertation durant laquelle le public est amené à se prononcer sur le dispositif. « Aujourd’hui, toutes les voies de la région convergent vers Saint-Charles. Nous perdons 243 000 minutes par an. Les retards, concentrés sur les nœuds ferroviaires, sont aggravés par les mouvements techniques des trains. Il faut donc modifier les infrastructures et faire sauter les verrous. Nous allons remanier les plans de voies, créer quatre voies supplémentaires dont deux traversantes souterraines afin de supprimer les phénomènes de cisaillement des trains. Nous allons créer également une cinquième voie technique pour les TER en gare de La Blancarde. L’objectif étant de faire passer en souterrain les trains qui traversent Marseille, qu’il s’agisse de TER ou de TGV qui vont de Paris à Toulon et Nice. Cela va créer de la capacité en surface pour les TER, ouvrant la voie à de nouveaux services transversaux (Toulon-Vitrolles Aéroport). Cette traversée va faire gagner 15 minutes pour 20 000 trains par an traversant Marseille depuis ou vers Toulon et Nice. La phase 1 du projet comprend ainsi le doublement des voies du Littoral à Arenc, ce qui permettra notamment l’augmentation des fréquences TER, de la demi-heure au quart d’heure. Ce projet sera coordonné avec le déploiement de l’ERTMS sur l’axe Marseille-Vintimille », détaille Jean-Marc Illes.
SNCF Réseau vise l’enquête publique mi-2021, la déclaration d’utilité publique fin 2022 avant d’attaquer les travaux début 2023. Des travaux d’aménagements sont également entrepris à Nice Saint-Augustin (gare TGV Aéroport) avec la création de quatre voies. Quelque 73 000 minutes sont perdues chaque année sur le nœud azuréen.
La future gare souterraine sera construite 6 mètres plus bas que le plateau Saint-Charles, à 43 m au-dessus du niveau de la mer. Accessible depuis le boulevard National, elle sera reliée au métro, et un passage public permettra de gagner le quartier de La Belle-de-Mai. La nouvelle gare sera adossée à un nouveau pôle d’échanges multimodal, équipé de trois nouveaux parkings de 3 000 places. Cette infrastructure aménagée sur quatre niveaux comprendra des commerces et une mezzanine. Son coût est estimé à 800 M€, mais le projet ne devrait pas sortir de terre avant 2035. Selon les prévisions de SNCF Réseau le trafic voyageurs sur le réseau ferroviaire régional devrait passer de 51,3 millions en 2017 à 79,1 millions de passagers en 2033.
