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Mobilités: Anne Hidalgo dénonce une gouvernance « archaïque »

À l’occasion du troisième Conseil parisien des mobilités, Anne Hidalgo a fait le point sur ses priorités en matière de déplacements, avec une part toujours plus accrue pour les déplacements en mode doux et partagés. La maire de Paris réclame également une part plus grande dans les décisions transport au niveau régional.

Pacification du périphérique, piétonisation de certains quartiers et velléité d’être mieux entendu à l’échelle de la Métropole du Grand Paris… Voici ce qui figurait à l’ordre du jour de la troisième réunion du Conseil parisien des mobilités qui s’est tenue le 3 juillet dernier. Créé début 2018 par Anne Hidalgo, cette instance fédère tous les acteurs publics et privés engagés en faveur des mobilités à Paris: la municipalité, la Fédération internationale automobile, la RATP, Île-de-France Mobilités, VNF, les représentants des taxis, les constructeurs automobiles, les fournisseurs d’énergie ou encore les opérateurs de vélos, trottinettes, scooters ou voitures partagées.

Après les quais de Seine, la mairie de Paris s’est trouvé un nouveau cheval de bataille emblématique: le périphérique. À l’horizon 2024, cette voie express circulaire devrait subir de profondes transformations. « L’urgence climatique oblige chacun à changer son comportement, avec pour horizon la préparation des jeux Olympiques », a déclaré la maire de Paris à l’issue de la réunion. « Notre objectif consiste à mettre en place les premières transformations d’ici 2024, afin de proposer une frontière moins violente », a-t-elle insisté. La maire reprend à son compte les préconisations du rapport de la mission d’information et d’évaluation du Conseil de Paris sur l’avenir du périphérique, avec l’abaissement de la vitesse à 50 km/h (contre 70 km/h actuellement) et la création d’une voie au covoiturage et aux véhicules propres. Christophe Najdovski, adjoint aux transports (EELV), a confirmé le souhait de la municipalité de se porter acquéreuse des portiques écotaxe « pour une somme modique, quelques milliers d’euros », afin de mieux identifier les véhicules. Pour quelle mission précise? Christophe Najdovski préfère rester flou sur le sujet: « Nous verrons plus tard la façon dont nous pourrons utiliser cette infrastructure, qui présente surtout l’avantage d’être déjà positionnée et de posséder tous les câblages nécessaires », précise-t-il. Une première réunion de concertation s’est tenue le 12 juillet avec tous les acteurs concernés (élus, riverains, collectifs, professionnels et usagers).

PV pour les trottinettes électriques

La mairie de Paris souhaitait que le marché des trottinettes électriques se consolide pour ne plus traiter qu’avec trois ou quatre acteurs, contre une douzaine fin mai. Le marché a commencé à opérer sa propre régulation puisque début juillet, presque la moitié des acteurs (comme Bolt, Wind, Hive, Ufo, Voi et Tier) a préféré cesser ou suspendre ses services sur la capitale, faute d’un modèle économique pérenne ou d’un contexte plus contraignant. « Depuis juin, 296 amendes ont été infligées à des utilisateurs roulant sur le trottoir, 1 350 PV ont été dressés pour stationnement gênant et les agents ont procédé à 1 152 enlèvements de trottinettes. Le nombre de trottinettes sur les trottoirs a chuté », se félicite Anne Hidalgo. Mais ce n’est pas assez, puisque la mairie n’a pas encore la possibilité d’interdire ces engins. « En France, les mairies ne disposent d’aucun outil juridique. Une ville comme San Francisco a le pouvoir d’interdire les trottinettes électriques, ce n’est pas possible à Paris. Certaines villes françaises ont bien posé des interdictions mais elles ont agi en décalage du cadre légal, nous ne voulons pas prendre le risque de voir cette décision contestée, il faut attendre la finalisation de la LOM et la parution d’un décret », a regretté la maire de Paris.

Le nouveau réseau de bus, lancé le 20 avril 2019, « s’est bien passé », a indiqué Christophe Najdovski. « Les retours sont très positifs, avec la création de 12 km de voies linéaires dédiées et la desserte de quartiers périphériques et populaires jusqu’alors moins bien desservis, comme les 12e, 13e, 19e et 20e. Nous avons demandé la création d’un observatoire qui rendra son premier bilan à la rentrée », a-t-il précisé.

Mobilités douces

« La pratique du vélo a augmenté de 34 % dans Paris », selon la maire. Christophe Najdovski a souligné que ce plan, doté d’un budget de 150 millions d’euros, « le plus ambitieux que Paris ait connu », permettra d’atteindre le cap de 1 000 km de pistes réalisées d’ici 2020, contre 700 km en 2014. « Notre objectif est de réaliser un réseau en continu accessible au plus grand nombre », a-t-il insisté, avant de revenir sur une des dernières réalisations. « Rue de Rivoli, les vélos représentent déjà 15 à 20 % du trafic total sur la chaussée, hors piétons », observe-t-il.

L’objectif de la majorité est « de cheminer vers un centre-ville dédié aux piétons et aux mobilités douces, tout en gardant la possibilité aux riverains d’utiliser leurs véhicules et en autorisant les taxis et l’autopartage, comme la livraison des commerçants. En revanche, les traversées seules ne seront plus autorisées », annonce la maire de Paris. Une phase de concertation est lancée sur la piétonisation de plusieurs secteurs. Mais pour l’heure, « aucun calendrier » n’est fixé puisqu’il sera d’abord défini en concertation avec les habitants et commerçants des quartiers concernés.

Lors de ce bilan, Anne Hidalgo n’a eu de cesse d’épingler la gouvernance des transports à l’échelle régionale, jugée « totalement archaïque », signe d’une tension toujours palpable avec Valérie Pécresse, la présidente de la Région et d’Île-de-France Mobilités. « Je suis une des rares maires au monde d’une capitale, dans une agglomération de 7 millions d’habitants, à ne pas avoir de levier en matière de transports », regrette la maire de Paris. Et de plaider pour la création d’une autorité organisatrice des transports de second rang, à l’échelle de la Métropole du Grand Paris et en lien avec la Région, pour gagner en proximité et réactivité. « Paris doit garder son esprit d’innovation, y compris en matière de gouvernance », a conclu la maire de Paris, candidate à sa propre succession l’an prochain.

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Auteur

  • Grégoire Hamon
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