La défiance de Paris vis-à-vis des cars de tourisme est montée d’un cran début juillet. « Nous ne voulons plus de cars touristiques comme on l’observe de façon totalement anarchique à Paris. Nous attendons de disposer des moyens réglementaires. Nous mettons en place des parkings de desserte pour que les cars arrêtent de rentrer dans Paris. Les cars ne sont plus les bienvenus dans l’hypercentre », indiquait ainsi le 2 juillet Emmanuel Grégoire (PS), premier adjoint auprès d’Anne Hidalgo au Parisien, en indiquant que les touristes peuvent faire « comme tout le monde avec des moyens de circulation douce ou utiliser les transports en commun ». Et tant pis pour les voyages de groupe, qui représentent 8 % du tourisme parisien. Emmanuel Grégoire reconnaît que les cars peuvent rester indispensables « pour les personnes âgées ou pour certains pays. Mais il faut qu’ils adaptent leur parcours aux contraintes de la ville ». Près des lieux touristiques, les montées et descentes des cars se font au pas de course. Arrêtés sur la chaussée ou dans des voies de bus, les conducteurs de ces cars touristiques doivent faire au plus vite pour éviter la verbalisation fixée à 135 €, souvent faute de places de parking disponible.
Le 2 juillet toujours, la Préfecture de police de Paris a effectué une opération de contrôle des sociétés de bus touristiques de sightseeing dans la capitale et a dressé plus 32 contraventions en contrôlant 15 véhicules: 6 véhicules ont été mis à l’amende pour transport public routier de personnes en France sans convention avec l’autorité organisatrice compétente, et deux bus ont fait l’objet d’une immobilisation administrative pour défaut de matériel. « Notre demande de plus de contrôles a été entendue par la Préfecture de Police de Paris. La loi de la jungle ne peut plus durer et les compagnies voyous doivent être sanctionnées durement. Merci aux forces de l’ordre pour cette opération. La multiplication de ces opérations dans l’avenir est un impératif pour protéger les Parisiens, la circulation et la qualité de l’air », a commenté Jean-François Martins, adjoint chargé du tourisme. Depuis le 3 juin, avec cette opération, le bilan global des contrôles à l’encontre des sociétés de bus touristiques s’élève à 219 infractions relevées.
Dans la capitale, seules deux sociétés de bus touristiques de type hop on hop off sont légalement autorisées et disposent d’un agrément, accordé il y a plus de 15 ans par le Stif (devenu depuis Île-de-France Mobilités): Open Tour Paris, filiale de RATP Dev, et Big Bus (ex-Cars Rouges). Les nouvelles venues Foxity et City Sightseeing Paris profitent jusqu’à présent d’un flou juridique qui devrait bientôt être clarifié. Le 18 juin 2018, une décision du Conseil d’État a précisé qu’Île-de-France Mobilités était l’autorité compétente en matière d’organisation de ces transports touristiques. IdFM a donc lancé le 1er juillet une procédure visant à la délivrance d’agrément aux compagnies souhaitant exercer une activité d’exploitation de lignes touristiques dans Paris. Les sociétés ont jusqu’au 10 septembre pour déposer leurs dossiers. Dans ce nouveau cadre, qui deviendra effectif au cours de l’année 2020, les compagnies ne pourront pas opérer plus de 36 bus, et la moitié du parc devra être propre au 1e octobre 2022 (100 % en 2024). Les cars à impériale n’auront pas le droit non plus d’emprunter les couloirs de bus réservés aux bus de la RATP.
