Quelle journée! Le 3 septembre, au cours de la deuxième lecture de la LOM en commission, Jean-Baptiste Djebbari est passé des tables dévolues aux députés à celle des ministres. Nommé en fin d’après-midi secrétaire d’État aux Transports, il a repris le soir à la volée la conduite des débats à la place de sa ministre de tutelle, Élisabeth Borne. À 37 ans, ce nouveau membre du gouvernement, est un technicien mais aussi un politique au fait des dossiers. Le rôle difficile de rapporteur de la loi de pacte ferroviaire 2018 a permis à cet ancien pilote de ligne entrée en politique en 2017 (député de la Haute-Vienne) de poursuivre une ascension fulgurante.
L’arrivée de ce macronien est plutôt bien accueillie dans le monde du transport. Plusieurs acteurs louent « son sens de l’écoute, sa disponibilité, son ouverture d’esprit et une certaine séduction ». Un profil très différent d’Élisabeth Borne, très expérimentée mais trop techno et pas très souple. Divergences d’analyse aussi, qui l’avaient amené à plaider pour le fléchage d’une partie des dividendes des sociétés d’autoroute pour le financement des infrastructures, lors de la première lecture de la LOM…
Plutôt libéral sur le plan économique, aura-t-il la même position protectrice que l’ex-ministre sur l’ouverture à la concurrence de la RATP? Pas sûr que le mouvement de grève du 13 septembre ait constitué la meilleure des entrées en matière. Conscient que le ministère des Transports est paralysé par une forme de conservatisme, Jean-Baptiste Djebbari, qui prône la disruption, pourrait bien introduire des changements dans l’équipe de la DGITM.
