Flixbus s’est fixé un objectif ambitieux. Le n° 1 européen du car grandes lignes, présent dans 30 pays (y compris aux États-Unis), veut rouler d’ici deux ans à l’hydrogène. La firme de Munich vient dans ce but de conclure un partenariat avec l’entreprise familiale Freudenberg Sealing Technologies, implantée à Weinheim, au sud de Francfort. Freudenberg a racheté simultanément en 2018 un producteur d’hydrogène et le fabricant de batteries automobiles américain Salt Energy. « Nous voyons dans l’hydrogène, en combinaison avec des batteries, un élément capital de la mobilité de demain, explique Claus Möhlenkamp, CEO de Freudenberg Sealing Technologies. Avec FlixBus, nous avons trouvé un partenaire en vue de parvenir au zéro émission. » FlixBus et Freudenberg travaillent donc au développement de véhicules hybrides, alliant batteries et réservoir à hydrogène.
FlixBus, qui ne possède que quelques véhicules en main propres (notamment en Allemagne où la législation rend la propriété d’au moins un bus nécessaire pour se livrer à l’organisation de trajets en cars), teste depuis 2018 trois autocars à batteries sur de courtes distances. Les véhicules chinois des marques BYD et Yutong circulent en Allemagne, entre Francfort et Mannheim (85 km) à raison de quatre liaisons par jour, et en France entre Paris et Amiens.
FlixBus entend circuler d’ici deux ans sans émissions nocives pour l’environnement. La capacité des batteries étant pour l’heure limitée (150 à 200 km d’autonomie) l’entreprise veut donc se tourner vers l’hydrogène, qui permet une autonomie de l’ordre de 500 km. De plus, le temps nécessaire pour remplir les réservoirs du véhicule est limité à 20 minutes, autant que pour un plein de diesel. Le seul point négatif, outre le faible développement actuel de la technologie, est la faiblesse de l’infrastructure, avec seulement 74 stations de chargement à l’heure actuelle en Allemagne. Pour le développement de leur projet, FlixBus et Freudenberg pourront s’appuyer sur le soutien du programme fédéral NIP, un programme d’innovation nationale pour le développement de l’hydrogène. Dans un premier temps, une trentaine de véhicules doivent être équipés de réservoir à hydrogène, à des fins de tests. FlixBus souhaitant poursuivre sa stratégie de collaboration avec des partenaires possédant leur propre flotte, il lui faudra négocier avec ses partenaires pour les inciter à se lancer dans l’aventure de l’hydrogène.
