Sur le papier, le budget 2020 de l’Agence de financement des infrastructures de France (AFITF) doit atteindre un niveau record de 2,98 milliards d’euros, soit 20 % de plus qu’en 2019. Cette hausse doit être garantie par un surcroît de TICPE, le fléchage de la taxe Chirac sur l’aérien, ou encore une hausse de la taxe d’aménagement du territoire payée par les autoroutes. Mais des doutes existent sur la capacité du gouvernement à tenir ses engagements. La première faiblesse vient du côté des recettes des radars automatiques, qui doivent ramener plus d’un milliard d’euros par an dans les caisses de l’État. Ces recettes sont en effet en chute libre, suite à la crise des Gilets jaunes et aux dégradations des radars: elles ne devraient rapporter que 500 à 600 millions d’euros, et seulement 728 millions en 2020, selon Les Echos. Or, une partie de cette cagnotte (226 millions prévus en 2019) est destinée à l’AFITF. Un autre doute existe sur la capacité de l’Agence à financer tous ses engagements. Le 4 octobre, l’État a en effet trouvé un accord avec la région Hauts-de-France sur le financement du canal Seine-Nord, pour une participation de 1,1 milliard d’euros… prise sur le budget de l’AFITF! Si l’État ne parvient pas à augmenter les ressources de l’AFITF, il faudra donc remettre certains chantiers à plus tard.
