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Le bateau volant SeaBubbles vise l’exploitation l’an prochain

La préfecture d’Île-de-France a autorisé le test du bateau volant SeaBubbles sur la Seine pendant une semaine afin d’envisager l’exploitation éventuelle de ce type d’engin, électrique et sans remous.

Pendant une semaine de la mi-septembre, un bateau volant SeaBubbles a reçu une autorisation exceptionnelle de la préfecture d’Île-de-France pour naviguer sur la Seine, afin de déterminer si cette navette, qui peut embarquer quatre passagers en plus du pilote, est susceptible de trouver sa place dans le trafic fluvial. Ce bateau à moteur électrique est muni de foils, sur lesquels il peut glisser dès que sa vitesse augmente. Cette innovation, fruit de l’imagination de l’architecte marin Alain Thébault, permet de filer sans générer de remous ou presque, à 30 km/h. Une vitesse normalement interdite dans le bief parisien, puisque les bateaux de plaisance ne peuvent dépasser 18 km/h (les péniches et navires de plus de 20 tonnes de déplacement d’eau sont limités à 12 km/h).

« Cette phase d’expérimentation va permettre d’obtenir un retour d’expérience en situation, utile pour les services de l’État. Ce mode de transport non polluant et silencieux pourrait permettre d’offrir de nouvelles possibilités de mobilité aux Franciliens. L’étude des questions de sécurité permettra de faire avancer le travail de l’administration et celui des exploitants potentiels », a indiqué le lundi 16 septembre la nouvelle préfète de Paris, Magali Charbonneau, après un tour d’essai en SeaBubbles. Lors de son périple, la préfète a pu profiter d’une vue imprenable sur le siège de la RATP, dont les locaux sont situés quai de la Rapée. Interrogée sur une possible intégration de SeaBubbles à l’offre de transport public, Magali Charbonneau est restée prudente: « Il serait souhaitable que des opérateurs s’associent afin d’avoir une offre complète dans une logique d’interconnexion, mais il convient tout d’abord de passer par l’étape de l’homologation », a-t-elle indiqué.

Remise à plat des règles de navigation

Pour cette semaine de test, le bateau a été équipé de capteurs dont les relevés vont être envoyés pour analyse à VNF (Voie navigable de France). Si l’expérience se révèle concluante, une exploitation commerciale de SeaBubbles pourrait être envisagée au printemps 2020. « D’ici 2020, un ou deux bateaux pourraient être autorisés à titre dérogatoire. Cela nous permettra d’obtenir de nouvelles données, qui nous serviront à simuler l’exploitation régulière d’une flotte plus importante, de 10 ou 20 bateaux électriques. Nous pourrons ainsi déterminer le nombre maximal de nouveaux bateaux (fournis par SeaBubbles ou d’autres sociétés), pouvant s’intégrer dans le trafic, où circulent déjà 100 bateaux par heure », explique Dominique Ritz, directeur du bassin de la Seine de VNF. Cette expérimentation sera intégrée à la remise à plat des règles de navigation sur la Seine, engagée par VNF. Les nouvelles règles pourraient aussi intégrer des bateaux de plus grande taille.

Le suédois Anders Bringdal, cofondateur de SeaBubbles, évoque ainsi de futurs hydrofoils pouvant emmener 32, voire 95 passagers. Mais pour l’heure, toute l’attention de l’entreprise est concentrée sur la sortie de la future version du SeaBubbles, prévue pour novembre 2019. « Notre nouveau modèle de présérie disposera d’une autonomie de deux heures, contre une heure actuellement, avec une recharge qui ne prendra plus que 35 minutes contre quatre heures, nous pourrons l’envisager comme un service public de type VTC », explique Anders Bringdal. Cet ancien champion du monde de planche à voile explique qu’il aimerait qu’on réserve un trajet en SeaBubbles depuis son smartphone. Conscient du prix élevé d’un tel engin, estimé à environ 200 000 euros, il sait que le développement passera d’abord par des partenariats. « En France, nous avons des contacts avec le groupe d’hôtellerie de luxe Cheval Blanc, ainsi qu’avec Accor. Les sociétés TF1, Orange ou Natexis sont également intéressées, car nos bateaux offrent une traversée de Paris express », détaille-t-il.

L’entreprise serait également en pourparlers avec des opérateurs sur Lyon et Sainte-Maxime. À l’étranger, Anders Bringdal signale que les bateaux pourraient voguer dans les eaux de Miami ou de Dubaï. Mais pour une exploitation à grande échelle, c’est en Chine que se dessinent pour l’instant les meilleures opportunités. « Nous avons été abordés par le géant de l’Internet Tencent pour exploiter nos bateaux. Là-bas, nous pourrions démarrer directement un service de VTC. Il s’agit de trouver le bon opérateur et le bon cas d’usage pour lancer la phase de production en série », lance-t-il, plein d’optimisme.

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Auteur

  • Grégoire Hamon
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