C’est un drone équipé de 36 moteurs électriques et capable de voler une heure à 300 km/h. L’engin, conçu par la start-up munichoise Lilium Jet, pourra transporter jusqu’à cinq passagers dès 2025, selon les fondateurs de l’entreprise née en 2015. L’appareil volera un premier temps avec pilote, selon ses concepteurs, avant de passer à la conduite autonome. Son coût de production, beaucoup plus modeste que celui d’un hélicoptère, doit permettre à l’entreprise d’atteindre un large public.
Le projet est suivi de près par les investisseurs. Lilium Jet, qui emploie 300 personnes, est en effet parvenu à convaincre plusieurs financiers tels que le Chinois Tencent, le fondateur de Skype Niklas Zennström ou encore Obvious Ventures (fondée par le créateur de Twitter), collectant ainsi 100 millions de dollars sur le marché. Mais la somme ne suffira pas jusqu’en 2025. « Une entrée en bourse serait pour nous idéale, mais il est encore trop tôt pour l’envisager vraiment », explique le fondateur de l’entreprise, Daniel Wiegand.
Les Munichois ne sont pas les seuls à croire au concept du drone taxi. Airbus a ainsi fait décoller le 1er mai un appareil quatre places capable de voler à 120 km/h pendant 50 km. Un autre projet, celui de la start-up de Karlsruhe Volocopter, dispose même d’une autorisation de voler depuis 2016. L’entreprise avait réalisé en 2017, à Dubaï, un premier vol autonome. Aux États-Unis, Boeing avait quant à lui testé un appareil l’an passé. En Chine, Ehang travaille à un drone taxi.
Au-delà de la technique, les défis sont considérables pour tous ces projets, du moins en Europe. En matière d’autorisations et de sécurité tout d’abord. En matière d’espace ensuite: où seront autorisés décollages et atterrissages? Lilium Jet imagine ses appareils se poser sur les toits plats d’immeubles de bureaux, en ville. Une vision irréaliste pour bien des observateurs, en raison de problèmes de statique. Enfin, les créateurs de la start-up veulent assurer eux-mêmes la production en série de leur appareil, dans quatre usines en Allemagne. Là encore, les observateurs sont sceptiques, rappelant les problèmes actuels de Tesla.
