La concurrence peut-elle contribuer à améliorer la qualité de service? C’est l’argument majeur des soutiens de la libéralisation du TER. C’est aussi le principe qui a guidé le législateur dans l’ouverture à la concurrence des lignes de cars intercités. Aujourd’hui, si les SLO n’ont plus à prouver la pertinence de leur offre au regard de l’augmentation continue de la fréquentation, force est de constater que la concurrence s’exerce au détriment du modèle économique du secteur. Les deux principaux compétiteurs que sont FlixBus et BlaBlaBus se livrent une guerre tarifaire sans merci qui a conduit à une baisse de la recette par autocar-km de 17 centimes sur un an, alors que le taux d’occupation poursuit sa hausse (62 %), selon les chiffres publiés par l’Autorité de régulation des transports, pour le 2e trimestre 2019.
La comparaison entre les deux activités est à prendre avec prudence. Le TER restera largement subventionné par la collectivité, même après l’ouverture à la concurrence, ce qui n’est pas le cas des cars « Macron ». Mais pourtant, les futurs opérateurs ferroviaires prendront davantage de risques, étant donné qu’ils devront assumer les coûts d’exploitation des lignes. Quant au prix des billets, il ne devrait pas être affecté par la libéralisation, l’objectif étant plutôt de réduire les contributions publiques. Un recours accru au transport routier de voyageurs permettrait sans doute de les réduire encore davantage. Là encore, la balle est dans le camp des Régions. Il ne s’agit pas de jouer un mode contre un autre, mais au contraire de mieux articuler ce qui peut l’être, routier et ferroviaire, privé et public. Au bénéfice commun de l’usager, du contribuable, et du citoyen.
