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Mulhouse: la place de la Paix, rendue aux piétons

Christophe Wolf, directeur Mobilités et Transports, Mulhouse Agglomération, décrit le projet.

Cette zone n’avait jamais été perçue comme partie intégrante du centre-ville et était peu pratiquée. Avec son réaménagement, Mulhouse a réussi à étendre la perception du centre-ville. Concrètement, la place a été réaménagée et le stationnement supprimé au profit des piétons, du marché et des terrasses. Une route la traverse mais c’est elle qui monte sur les espaces piétons, et non le piéton qui descend sur la route pour la traverser, grâce à une continuité des matériaux. Les automobilistes sentent qu’ils rentrent dans un espace piéton et adaptent leur comportement en conséquence.

Un changement majeur à l’horizon 2030 auquel devront s’adapter les entreprises routières

La place du vélo dans la ville va réinterroger la manière dont on construit les routes et les rues. Faut-il mettre en place des voies réservées ou partager les espaces? Nous avons encore besoin de retours d’expérience. Le principe de base, c’est que l’on sépare les voies là où les flux sont considérables, et qu’on les partage ailleurs. L’expérience sur le partage me semble heureuse mais je vois aussi beaucoup d’échecs. Par exemple, sur un espace destiné à être partagé, lorsque l’on supprime les trottoirs mais que les bordures sont remplacées par des fils d’eau en pavés blancs, la perception de l’espace est inchangée: instinctivement, les piétons se positionnent sur les à-côtés et les voitures au centre. Le sentiment que j’ai, c’est que l’on se limite trop souvent à une approche fonctionnelle. Quand on conçoit les espaces publics dans les grandes agglomérations, on parle de flux. Cette méthode maintient une distance entre les concepteurs et le vécu des gens. Il faudrait que l’on migre vers une approche plus sensible de type UX Design. Comment a-t-on envie que les gens se sentent quand ils sont dans un espace en voiture, à vélo et à pied? Quelles sont les sensations négatives à estomper? Comment réinvestir les temps d’attente, dans les bus et aux feux? Comment aménager des espaces de pause et de respiration? Comment gérer des expériences diverses sur un même espace? Et comment intégrer le véhicule autonome sans dégrader le bien-vivre en ville? Les entreprises routières doivent s’ouvrir à de nouvelles méthodes de conception: urbanisme tactile, architecture éphémère, expérimentations. Elles pourraient proposer des équipements et des mobiliers éphémères et mobiles, pour tester des transformations d’espaces. La fermeture certains dimanches de rues et de voies sur berges permet de redécouvrir d’autres manières de pratiquer ces rues et créent de nouvelles envies. Un savoir-faire reste à développer sur ce sujet pour diffuser largement ces expériences dont les élus sont demandeurs.

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