Dominique Jaumard, directeur général adjoint en charge de l’aménagement du territoire, département de l’Hérault, revient sur le développement du projet.
Nous venons d’inaugurer le projet Power Road (des routes qui captent, stockent et restituent l’énergie thermique). Développé par Eurovia et labellisé par l’État dans le cadre du CIRR (Comité innovation routes et rues), nous avons équipé les voiries autour d’une agence routière. Nous espérons que l’énergie générée durant les mois chauds pourra être conservée plusieurs mois dans le sol en profondeur afin d’être réutilisée en hiver pour chauffer le bâtiment. Le procédé permet également de refroidir la route de quelques degrés en été.
La raréfaction des ressources en granulats et bitumes, l’exigence d’économie d’énergie, la préservation de la biodiversité, la voiture qui devient de plus en plus collective, notamment pour les nouvelles générations, le coût du pétrole qui va exploser… sont autant d’enjeux pour l’industrie routière. Il faut qu’on développe des véhicules et des infrastructures avec des cycles de vie plus vertueux. L’électromobilité et l’hydrogène s’inscrivent dans cette dynamique. Les routes qui produisent de l’énergie propre aussi.
Il y a encore dix ans, la route était dévalorisée. Depuis, il y a eu un changement de paradigme. La fonction sociale de la route est réhabilitée. Elle est au cœur des forts enjeux de développement durable, donc de société. Un écosystème se reforme où la route tient une bonne place entre les besoins de mobilité et d’autres types d’usages et de services. Par exemple, avec le développement des véhicules autonomes et connectés, l’industrie routière et l’industrie automobile se rapprochent. Aujourd’hui déjà, la route sert à produire de l’énergie et à faire passer les fibres optiques. Des innovations permettent de diminuer l’éclairage public grâce à un meilleur revêtement et à un allumage des ampoules au passage d’un individu ou d’un véhicule. Le projet Luciole développé par Eiffage et expérimenté sur notre territoire, propose un tel service. Demain, d’autres innovations verront le jour. Les lumières Led par exemple permettront de faire passer des messages comme dans un ordinateur. Récemment, j’ai assisté à une démonstration par le Cerema où l’on transférait des vidéos avec cette technologie. Cela signifie que l’on pourra par exemple envoyer des informations via un arrêt de bus. Encore mieux, il sera possible de gérer l’espace public dans son ensemble et sans émettre d’onde. Autre exemple, les routes « intelligentes » enverront davantage d’informations sur leur état et sur les conditions de trafic. C’est intéressant, d’autant plus si le développement de ces routes intelligentes se fait en améliorant le cycle de vie global des infrastructures.
