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Toulouse: feu vert à la troisième ligne de métro

La commission d’enquête a rendu un avis favorable pour le grand projet toulousain qu’est la troisième ligne de métro. En parallèle, les travaux du téléphérique urbain ont commencé et ceux du doublement de la ligne A du métro touchent à leur fin.

Le dernier conseil syndical de Tisséo Collectivités, l’autorité organisatrice des mobilités dans la métropole toulousaine, ne pouvait s’ouvrir autrement qu’en évoquant l’avis favorable de la commission d’enquête publique. Rendu une semaine plus tôt, il porte sur la troisième ligne mais aussi sur ses connexions avec l’aéroport et la ligne B. « À notre grande satisfaction, le projet vient de franchir avec succès une nouvelle étape essentielle: l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique », a réagi quelques heures plus tard Tisséo, soulignant que le planning prévisionnel était bien respecté.

En préambule du conseil syndical, Jean-Michel Lattes, président de Tisséo Collectivités, a rappelé « ce long parcours », entamé dès 2015, quand a été prise la première délibération sur le sujet. L’année suivante, le projet était déjà revu à la hausse, atteignant sa forme actuelle, soit 27 km entre Labège, au sud-est, de Toulouse et Colomiers à l’ouest, en passant par les quartiers nord de la Ville rose.

L’enquête publique a été ouverte du 6 juin au 18 juillet dans les cinq communes traversées: Toulouse, Blagnac, Colomiers, Labège et Ramonville – Saint-Agne. Générant 1 882 contributions, dont 53 % positives et 28 % défavorables. « C’est la participation la plus forte, même le Grand Paris n’en a que 700 », se réjouit Jean-Michel Lattes.

Thème de campagne

La commission entrevoit en effet beaucoup d’avantages, dont la décongestion routière et l’impact environnemental. Sur le projet en lui-même, elle note: « le tracé dessert les deux pôles économiques », soulignant la rapidité de déplacement, le volume de voyageurs transportés et les connexions avec le bus, le train et les modes doux. Les inconvénients listés ne sont qu’au nombre de deux: « ne dessert pas directement l’aéroport », et « les parkings en tête de ligne peuvent paraître insuffisants ».

Quant aux idées avancées par des associations, comme l’Étoile ferroviaire, qui voudrait faire évoluer les TER en RER, les commissaires enquêteurs les considèrent comme « des solutions complémentaires au projet mais non alternatives car ne répondant pas aux mêmes enjeux ». Ce à quoi l’association des usagers des transports de l’agglomération toulousaine et de ses environs (Autate) a répondu vertement dans un communiqué: « Comme 95 % des enquêtes publiques en France, celle-ci a encore rendu un avis favorable (…). C’est dire que cette procédure de consultation est inutile et coûteuse. » Dénonçant « un tracé à 80 % intra-toulousain », elle « demande aux candidats aux élections municipales de l’agglomération toulousaine l’annulation de la troisième ligne de métro et la prise en compte de la banlieue ». Il se dit effectivement à Toulouse, zone engorgée, que les municipales se jouent pour beaucoup sur les transports.

Réserves et recommandations

Sur le volet financier la commission relève tout de même « le coût élevé de l’opération, qui, s’il n’est pas contenu, pourrait hypothéquer les autres actions prévues au Plan Mobilités ». Ainsi, le conseil départemental a donné un avis favorable, avec toutefois des demandes de précisions notamment sur le financement de l’opération. Pour mémoire le projet est estimé à 2,8 milliards d’euros. Le tout est assorti de réserves, comme le maintien d’arbres à la station François-Verdier et la diminution du parking P+R prévu aux Sept-Deniers. Concernant ce dernier, Jean-Michel Lattes a déclaré: « L’enjeu est de mutualiser le stationnement, car il y a beaucoup de disponibilités avec les parkings du Stade Toulousain. »

Sept recommandations sont également formulées, parmi lesquelles: préserver des espaces verts, s’appuyer sur les réflexions des comités de quartier, veiller à des liaisons courtes et sécurisées dans les pôles d’échange… « La commission d’enquête recommande de préserver la possibilité d’une éventuelle extension au-delà du terminus de Colomiers, de même qu’une augmentation de capacité future de la connexion ligne B », souligne le président de Tisséo Collectivités.

La déclaration de projet sera présentée au vote lors du comité syndical le 27 novembre. Après cette étape réglementaire, le Préfet pourra prononcer les déclarations d’utilité publique.

Marches à blanc

Le mois de novembre est émaillé d’autres rendez-vous importants: la marche à blanc de la ligne A a eu lieu le 11 novembre. L’extension des quais étant terminée, la circulation des rames de 52 m est désormais possible sur cette ligne, dite XXL, dont la capacité a été doublée pour pouvoir embarquer jusqu’à 400 000 personnes par jour. Autre phase de test, rappelée à tous lors du comité syndical: « Si vous voyez un bus vide aux couleurs vives, c’est l’un des premiers bus électriques qui desserviront l’aéroport. » De marque Heuliez, ils sont au nombre de 6 et seront mis en service fin novembre entre la gare Matabiau et l’aéroport Toulouse-Blagnac.

Enfin, le jour même du conseil syndical, s’est déroulé le premier roulage d’une rame de tram sur la récente extension de la ligne T1. Soit entre la station Aéroconstellation, actuel terminus, et, 700 mètres plus loin, l’arrêt Meett, du nom du futur parc des expositions et centre de conventions de Toulouse Métropole. « Ces essais vont permettre de tester le prolongement de la ligne et de vérifier les interfaces entre le matériel roulant, le génie civil, la ligne aérienne de contact (LAC), la voie du tram et la mise au point des carrefours routiers… », explique Jean-Michel Lattes. Ils seront suivis d’une marche à blanc, en conditions réelles d’exploitation mais sans voyageurs à bord, courant décembre. Pour un lancement prévu en septembre 2020, avec entre-temps, une desserte spéciale mi-juin pour le premier salon du Meett.

Téléo est lancé

Les travaux du téléphérique ont commencé début juillet à côté de l’Oncopole. Téléo sera le téléphérique urbain le plus long de France, reliant, sur 3 km, 3 stations (Oncopole, CHU Rangueil et l’université Paul-Sabatier) tout en franchissant la Garonne, des coteaux et des infrastructures routières. La phase de terrassement et de gros œuvre a également débuté fin septembre, près de l’université Paul-Sabatier et de l’hôpital de Rangueil. Elle est prévue jusqu’à mi-2020 pour une mise en service fin 2020. Ce téléphérique est construit par l’équipementier français Poma avec la technologie débrayable 3S, qui comporte trois câbles: deux porteurs et un tracteur.

Les 14 cabines pourront transporter jusqu’à 8 000 voyageurs par jour, de 5 h 15 à minuit.

Barbier et manucure

Tisséo a choisi de communiquer sur des enseignes de commerçants implantés dans ses stations. Ainsi, un visuel aux couleurs acidulées annonce le barbier et la manucure qui ouvriront en décembre dans la galerie commerçante de Jean-Jaurès. « Afin de transformer le temps d’attente ou de correspondance en un temps utile, Tisséo propose un service global qui permet aux voyageurs de faciliter leur quotidien, en leur faisant gagner du temps. Ce sont plus d’une vingtaine de commerces et services qui sont ainsi directement accessibles lors des trajets quotidiens effectués sur le réseau », détaille le communiqué. Et de joindre un plan du métro et du tram avec les magasins existant à chaque station.

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Auteur

  • Charline Poullain
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