L’adoption de la Loi d’orientation des mobilités, le 19 novembre, marque la fin d’une (trop) longue séquence politique et médiatique. Pour autant, les réflexions et les débats au sujet de son application ne font que commencer. Quant aux critiques sur les carences du texte, elles persistent: absence de financement, incohérence des modalités d’assouplissement de la limitation de vitesse à 80 km/h, incertitudes quant à la généralisation des AOM… Alors que l’un des principaux objectifs du législateur était de soutenir des solutions de mobilité alternative à la voiture individuelle, pour tous et partout, certains observateurs pronostiquent une accentuation de la fracture territoriale. Mais avant de voir se concrétiser les innovations portées par la Lom, il faudra passer le mois de décembre, et une fin d’année marquée par les crispations.
Une fois de plus, les transports sont au cœur des questions de société. Objet de mécontentement quand le prix des carburants est jugé trop élevé, ou bien moyen de pression quand le dialogue social achoppe. À l’heure où nous bouclons ce numéro de Bus&Car Connexion, il est difficile de prévoir l’ampleur de la grève annoncée pour le 5 décembre. Chacun pense à 1995. Et les similitudes sont nombreuses: un projet de réforme des retraites, incluant l’évolution des régimes spéciaux, associé à une réorganisation du système ferroviaire. Les mêmes motifs produiront-ils les mêmes éruptions? Le mouvement des Gilets jaunes, qui semble avoir perdu de sa vigueur, peut-il retrouver son élan si la grève des transports s’installe? Et comment l’opinion publique va-t-elle réagir? Quelles seraient les conséquences d’un mouvement dur?
Les SLO vont certainement bénéficier d’un bon report de fréquentation, particulièrement sur les liaisons transversales. Mais les conditions de circulation devraient considérablement compliquer les choses autour des métropoles. À 25 ans d’intervalle, il sera peut-être intéressant de comparer comment le télétravail ou le développement du numérique parviendront à compenser les effets délétères d’une paralysie des transports. Cette grève pourrait convaincre les plus réticents de se mettre au covoiturage, ou même démontrer l’inutilité de la plupart des déplacements… et dans ce cas, l’arme des grévistes cesserait d’en être une.
