La startup Trafi a été sollicitée par BVG, l’opérateur de transports public berlinois, pour implémenter sa plateforme technologique qui permet d’acheter tout type de transport à partir d’une application unique. Quand l’innovation vient de Lituanie…
À l’heure où Uber tente de s’imposer comme la porte d’entrée des mobilités dans de nombreuses capitales, la régie des transports berlinois BVG (Berliner Verkehrsbetriebe) n’entend pas se laisser court-circuiter. Depuis le 24 septembre, BVG propose son application Jelbi, son guichet unique pour toutes les mobilités. Après trois mois de test, tous les voyageurs de BVG ont maintenant la possibilité de passer par l’application pour acheter des billets de bus, métro, tram et ferries du réseau, mais aussi d’utiliser les trains régionaux de la Deutsche Bahn, tout comme le propre service de navette à la demande de BVG (appelé Berlkönig, lancement en septembre 2018) ou bien les vélos et trottinettes en libre-service proposés par plusieurs opérateurs. Les taxis officiels de Berlin devraient rejoindre le mouvement d’ici quelque temps. De nombreux partenaires ont ensuite été invités à rejoindre le projet, à condition d’intégrer pleinement leurs services dans Jelbi. Le principe? Une seule inscription suffit à réserver et payer toutes les options de transport sur la plateforme. Pour cela, les utilisateurs doivent envoyer sur l’application une photo de leur carte d’identité, éventuellement de leur permis de conduire, et valider un moyen de paiement en ligne. Selon Michel Heider, directeur de Jelbi, 60 % des personnes qui ont téléchargé l’application ont franchi cette étape. En moyenne, ils réservent 2,3 trajets par semaine. Jelbi, dont le nom est une allusion à la couleur jaune (Gelb en allemand) qui habille l’ensemble des véhicules de BVG, constitue l’une des pièces du puzzle des nouvelles mobilités de la ville, avec l’installation de bornes de recharge à proximité des stations de métro et de chemins de fer, et la mise en place de voies de circulation dédiées aux transports partagés. « Les gens devraient laisser leur voiture et utiliser Jelbi pour se déplacer en ville. Nous voulons que Jelbi soit l’interface n° 1 de la mobilité partagée à Berlin », a déclaré Michel Heider.
Pour l’instant, l’application est encore relativement basique mais elle pourrait évoluer.
« Pour le moment, les utilisateurs ont la possibilité de faire deux réservations pour un même trajet, par exemple un cumul de bus et de métro, ou de tram et VTC, c’est plus rare de cumuler trois moyens d’affilée mais nous pourrons aussi l’intégrer », indique Tamara Lange, chargée d’affaires chez Trafi, la startup lituanienne qui a construit la plateforme technologique de Jelbi. La solution de mobilité peut s’implémenter rapidement: il a fallu moins de neuf mois entre la signature d’un accord avec BVG, en janvier dernier, et son lancement grand-public à Berlin. À Vilnius, où l’application de mobilité a été mise en place il y a deux ans, 20 % des habitants y ont déjà recours. Trafi indique être en pourparlers avec d’autres villes européennes, voire des pays entiers, pour le lancement d’application de mobilité. « Les villes ont compris qu’elles devaient prendre la main sur leur mobilité, sans attendre qu’Uber ou Google le fassent à leur place. Nous avons des contacts en Suisse, dans le sud de l’Allemagne, aux Pays-Bas ainsi qu’en France, notamment à Paris dont le lancement de la plateforme d’IdFM nous paraît très intéressant », lance Tamara Lange.
