Comme à chaque mouvement social affectant la circulation des trains, les « modes alternatifs » font assaut de communication. Si de nombreux usagers se reportent sur le covoiturage, les nouvelles mobilités ou les cars « Macron », ces solutions alternatives ne répondent pas à l’ensemble des besoins. Et parmi ceux qui auront testé ces modes alternatifs, combien resteront convaincus sur le long terme, une fois que les choses auront repris leur cours normal.
Paradoxalement, le gouvernement, déjà empêtré dans une communication assez peu maîtrisée sur le projet de réforme des retraites, en a rajouté du côté des SLO. En annonçant la mise en place de lignes supplémentaires de cars « Macron » destinées à pallier les transports publics à l’arrêt, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a suscité l’étonnement. En effet, la libéralisation des dessertes intercité en autocar, initiée sous la responsabilité d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, est très strictement encadrée. Il est donc impossible de lancer une ligne du jour au lendemain, même à la demande d’un membre du gouvernement… surtout pour effectuer du transport urbain.
FlixBus a réagi prudemment, soulignant qu’il était prêt à démarrer, si les autorisations lui étaient accordées… et BlaBlaBus s’est fait un plaisir de rappeler que, dans Paris, « les bus longue distance n’ont jamais été autorisés à circuler ». L’opérateur profite d’ailleurs de l’occasion pour enfoncer le clou: « Nous avons commencé à affréter des bus supplémentaires sur une dizaine d’axes interurbains où la demande est la plus forte (ex: Lyon – Toulouse, Paris – Strasbourg). En revanche, compte tenu de la demande très importante, notre recommandation est d’encourager et d’orienter un maximum les passagers vers le covoiturage domicile-travail qui peut absorber cette demande (BlaBlaLines). » Une suggestion qui pourrait peut-être limiter la congestion routière, aggravée en période de grève.
