À la suite d’une étude menée avec le conseil régional du Grand-Est, son autorité organisatrice, et des tests effectués durant l’été, les 66 cars diesel du parc de la SPL CTBR (Compagnie des transports du Bas-Rhin) roulent au Gas-to-Liquid (GTL) depuis ce 1er novembre. « À ma connaissance, nous sommes le premier réseau interurbain à être passé à cette solution, avance Guillaume Tierny, le directeur général de la compagnie, qui exploite une trentaine de lignes dans le département. Ce passage répond à une volonté d’agir pour l’environnement en sachant, notamment, que nous avons des lignes rentrant dans Strasbourg et son agglomération, des secteurs sujets à de forts pics de pollution. »
Produit par Shell, le GTL réduit de 15 à 20 % les émissions de particules fines, d’oxyde d’azote et de monoxyde de carbone par rapport au gasoil. Au regard de la directive européenne sur les véhicules propres, il permettrait ainsi, selon Guillaume Tierny, de faire que des cars diesel soient « considérés comme à faibles émissions ». Cette dimension n’est pas anodine à Strasbourg où, dans le cadre de la création d’une zone à faibles émissions, le diesel sera interdit au 1er janvier 2025. Il en sera de même dans les 32 autres communes de l’Eurométropole à partir de 2030.
Autres avantages du GTL: « Il est inodore et moins salissant au sol », souligne Damien Muller, le responsable du parc de la CTBR, en rappelant par ailleurs qu’« il ne demande pas d’aménagements particuliers sur les cars ». Ce carburant issu du gaz naturel permettrait, en outre, de diminuer les émissions sonores de 1 à 4 décibels et d’améliorer les performances de démarrage à froid du fait de sa résistance à des températures descendant jusqu’à -18 °C. « Son usage ne pose aucun souci apparent », se félicite Damien Muller, un mois après sa généralisation. Quant à son coût, il est en gros 7 % plus élevé que celui du gasoil d’origine fossile pour une consommation similaire. « Ce surcoût est relatif au regard de la nécessité de protéger l’environnement », estime Guillaume Tierny, en indiquant qu’il est par ailleurs « faible par rapport aux autres énergies alternatives ».
Le GTL n’est, néanmoins, pas une fin en soi. Pour la CTBR, il constitue une « première étape » en attendant les prochaines évolutions technologiques en matière de véhicules propres. « En termes d’autonomie, par exemple, l’offre électrique n’est pas encore adaptée à la configuration de notre réseau interurbain », explique Guillaume Tierny, qui précise que les cars de la CTBR effectuent entre 170 et 250 km par jour. Précision: la région Grand-Est planche sur le renouvellement de l’ensemble de sa flotte de cars. Ceux du parc de la CTBR en font partie au même titre, notamment, que les 51 véhicules des sous-traitants qui desservent certaines de ses lignes… Des autocars qui, pour leur part, ne roulent pas encore au GTL.
