Patrice Omnes: Cela pourrait être un risque, mais nous sommes au contraire en train de renforcer notre présence territoriale. Nous voulons intervenir au plus près des entreprises. Notre objectif est d’avoir dans chaque région deux délégations régionales, sans compter des antennes locales. Au total, l’action territoriale sera gérée par environ 200 personnes, contre 120 ou 130 aujourd’hui. Cela signifie qu’une entreprise sera suivie par un binôme « conseiller-gestionnaire » qu’elle connaîtra: l’un intervenant sur la partie gestion, l’autre sur la partie conseil.
P. O.: Nous élaborons une liste de salons et de manifestations dans lesquels nous allons déployer des « Villages de la mobilité », où nous ferons la promotion des métiers représentés dans notre OPCO. Nous organiserons aussi des animations et des job-dating. La première année, nous pensons participer à une vingtaine de manifestations. Le secteur est également utilisateur de dispositifs de formation de demandeurs d’emploi que nous portons, avec une forte insertion.
P. O.: Effectivement, nous souhaitons recenser les offres d’emploi, les géolocaliser, mettre en relation entreprises et demandeurs d’emploi, mais aussi proposer la formation qui peut éventuellement manquer pour rendre ce service le plus efficace possible. Nous ferons ce travail avec les branches, et le job-board devrait être opérationnel dans le courant du deuxième semestre 2020.
Faire évoluer plus rapidement les certifications: la conférence de lancement de l’OPCO Mobilités, en novembre 2019, a mis en évidence cette nécessité. « Car nos branches sont confrontées à la fois à la transition écologique et à la révolution numérique », a remarqué Jean-Louis Vincent, président de l’OPCO Mobilités. Et voient donc émerger de nouveaux besoins en compétences.
Actuellement, le transport de voyageurs travaille avec l’OPCO pour mettre sur pied un CQP (Certificat de qualification professionnelle) pour les conducteurs d’autocars de tourisme, en application des engagements pris entre partenaires sociaux en 2017 sur le sujet. Mais d’autres métiers émergent, qui peuvent nécessiter la création de nouvelles certifications.
« En attendant, nous mettons à jour très régulièrement les contenus des formations actuelles. Par exemple, nous travaillons actuellement pour que certains modules de la FCO traitent mieux de certaines problématiques, notamment en sécurité, comme les franchissements de passage à niveau », explique Ingrid Mareschal. « Plus largement, estime Thierry Mallet, pdg de Transdev, nous devons préparer nos conducteurs à des carrières différentes du passé: par exemple, avec la perspective du véhicule autonome, on ne peut pas garantir à un jeune conducteur qu’il sera encore conducteur dans quelques décennies, il ne viendra pas chez nous. »
