« À Lyon, l’autocar est-il un transport en commun? », s’interroge Alexandre Geoffroy, délégué régional de la FNTV Auvergne – Rhône-Alpes. Pour être plus clair, l’enjeu est de savoir quelle place la métropole réservera aux cars dans le cadre de la reconversion du tronçon lyonnais des ex-autoroutes A6 et A7. Fin 2016, l’État a déclassé 16 km d’autoroute reliant Limonest-Dardilly, au nord de la capitale des Gaules, à Pierre-Bénite au sud. Cet itinéraire qui emprunte le tunnel sous Fourvière, célèbre pour ses bouchons a été transféré à la métropole.
Avec un budget de près de 30 millions d’euros, celle-ci a entrepris de réorganiser la circulation en séparant nettement les flux. Les travaux sont en cours, en vue d’une mise en service au troisième semestre 2020. « L’objectif est de créer sur la gauche, une voie réservée au covoiturage, à l’autopartage et aux véhicules électriques, taxis et VTC, et lorsque c’est possible d’en ouvrir une autre réservée aux autobus », rappelle la métropole du Grand Lyon.
Au nord, « c’est la bande d’arrêt d’urgence qui sera utilisée. Ce sera une première expérience de bus en site propre pour le Sytral, elle a vocation à être étendue », poursuit la collectivité locale. Elle reliera un parc-relais à la station de métro gare de Vaise en une petite demi-heure. Au sud, ce sera moins facile, la voie centrale mélangera les bus aux transports en commun alternatifs à la voiture individuelle. Une piste cyclable se déploiera sur 4,6 km. « Il s’agit d’envoyer un signal fort pour le covoiturage. Ce mode de transport, c’est 10 % du trafic que l’on souhaite développer, détaille la métropole. On va utiliser des caméras avec un système de lecture des plaques d’immatriculation pour distinguer le covoiturage », un système de filtrage qui sera également utilisé pour l’accès à la Zone à faible émission (ZFE) du Grand Lyon. Des outils puisés dans la Loi d’orientation des mobilités.
Quid des autocars, donc? « Il serait impensable qu’ils soient exclus des voies réservées aux transports en commun, plaide Alexandre Geoffroy. Quand on voit comment Madrid a organisé son intermodalité, avec un maillage de voies réservées pour des lignes d’autocars, on devrait s’en inspirer. »
« Il reste en effet une réflexion à faire aboutir après les élections à la métropole », répond-on au Grand Lyon, où cet interlocuteur se garde avec prudence de faire un pronostic. Certitude: bus urbains et autocars ne font pas bon ménage dans les couloirs réservés, apanage des premiers. Les opérateurs des réseaux urbains et leur autorité organisatrice redoutent un encombrement qui dégraderait la régularité des lignes de bus. Sauf surprise, la décision d’interdiction de circulation semble évidente pour les autocars occasionnels, qui auront à rouler sur la voie utilisée pour la circulation générale. En revanche, la destination des services d’autocars conventionnés peut se poser.
