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Relance des petites lignes: les Régions aux manettes

À la faveur du Comité interministériel aux ruralités qui s’est tenu à Girancourt (Vosges) le 20 février, Grand Est est devenue la première Région française à obtenir de l’État et de la SNCF la délégation de gestion directe d’infrastructures ferroviaires du quotidien.

Le rapport Spinetta avait mis un (énième) coup de projecteur sur la situation difficile des petites lignes ferroviaires. Il était à craindre, alors, une nouvelle vague de fermetures liée à un sous-investissement chronique et à la désertion des derniers voyageurs. Pourtant, et comme le rappelle Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État chargé des Transports, « le soutien public en faveur des petites lignes n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui, pour près d’un milliard d’euros ». Cette somme se décompose en 710 millions d’euros par an pour l’État et SNCF Réseau, et environ 280 millions d’euros pour les Régions. Ces dernières financent 15 % des charges d’entretien via les péages, et deux tiers des coûts de renouvellement.

Mais cet effort ne suffit pas. C’est pourquoi, et en prolongement de la mission conduite par le préfet François Philizot, des plans d’actions ont été élaborés dans chaque région. Parmi les points principaux mis en avant figure l’ouverture des modes de gestion. Soit pour permettre aux Régions d’assumer plus de responsabilités, soit pour s’appuyer sur d’autres intervenants, poussant à l’innovation et aux gains de productivité.

Grand-Est pionnière

Assurément pionnière dans sa volonté de faire revivre les lignes TER du quotidien, Grand-Est est devenue, le 20 février, la toute première Région française à obtenir de l’État et de la SNCF la délégation de gestion directe d’infrastructures ferroviaires du quotidien. Cet engagement a fait l’objet de la signature d’un protocole d’accord, à l’occasion du Comité interministériel aux ruralités qui s’est tenu à Girancourt (Vosges), en présence du Premier ministre, Edouard Philippe.

Cette gestion différenciée du réseau doit permettre d’augmenter l’offre et de rouvrir les lignes grâce à des niveaux d’investissement très importants. La Région Grand-Est investira à elle seule plus de 530 millions d’euros sur un total d’investissement de près d’un milliard pour la régénération de ces lignes. Fermée depuis décembre 2018 pour raisons de sécurité, la liaison Épinal-Saint-Dié-des-Vosges rouvrira ainsi en décembre 2021, à l’issue de travaux d’un montant de 21 millions d’euros. Les autres lignes concernées par une prise en charge totale dès cette année sont les suivantes: Nancy-Vittel (section Jarville-Vittel), Molsheim-Saint-Dié-des-Vosges et Sélestat-Obernai.

Selon un communiqué de la Région, « cette délégation de gestion inédite en France, sur une longue période, permettra de reconsidérer à leur juste niveau les lignes structurantes qui sont aujourd’hui injustement classées comme des « petites lignes », d’assurer la pérennité du réseau, d’augmenter le niveau de services dans une logique privilégiant le renouvellement des infrastructures et en réduisant les coûts de maintenance. Seraient ainsi concernées, par exemple, la ligne 14, les lignes transfrontalières, mais aussi Reims-Fismes, Conflans-Verdun, Lutternach-Kruth ou encore Charleville-Givet… ».

La Région Centre-Val de Loire a, de son côté, signé un accord actant le principe du financement à parité avec l’État des lignes du quotidien. Elle s’engage, par ailleurs, à financer seule la rénovation des lignes Tours-Chinon et Tours-Loches pour lesquelles elle prévoit de devenir seul maître à bord dès cette année.

Dix expérimentations visées

La préservation du réseau de lignes capillaires voyageurs passe également par l’innovation. Le secrétaire d’État chargé des Transports souhaite donc voir émerger une nouvelle filière permettant d’optimiser leur exploitation. Et parmi les innovations permettant de réduire les coûts d’exploitation figure le train léger. Ce programme consisterait à identifier avec les Régions au moins dix expérimentations de trains légers, changements de mode à l’échelle nationale d’ici la fin du quinquennat.

Des Régions comme le Grand-Est, l’Occitanie ou Centre-Val de Loire se sont déjà montrées volontaires. Ce programme viserait aussi à porter avec les industriels l’ambition de développer des trains légers à coûts moindres d’achat et de maintenance, pour équiper ces petites lignes ferroviaires. L’une des premières expérimentations, conduite d’ici fin 2022/début 2023, pourrait être réalisée au travers du concept NGV Rail. Mais il conviendra, au préalable, de trouver entre 15 et 20 millions d’euros pour financer l’ingénierie de ce projet de navette grande vitesse.

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Auteur

  • Olivier Constant
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