À l’heure où nous bouclons ce numéro, le coronavirus a fait son entrée à l’Assemblée nationale, et la France se prépare à entrer dans la phase épidémique de la progression de la maladie. Apparu en Chine à la mi-décembre, le Covid-19 se propage à toute la planète, à la faveur des échanges internationaux, en se jouant des frontières et des mesures de confinement. Cette pandémie met en relief l’interdépendance des économies. Certains ont immédiatement mis en cause la mondialisation, en demandant la relocalisation des activités stratégiques, dont la production des médicaments et des masques chirurgicaux. Mais les répercussions sévères de la contagion sur le tourisme montrent aussi que la Chine n’est plus seulement l’usine du monde. Elle constitue également un réservoir de consommateurs et contribue largement au dynamisme des entreprises européennes, de la cosmétique aux spiritueux en passant par l’automobile.
Cette crise nous montre aussi à quel point nos sociétés ont besoin du transport, et dans quelle mesure les déplacements physiques de marchandises et de personnes constituent l’un des piliers de nos activités. Par contraste, l’épidémie est l’occasion de nous faire prendre conscience des limites au télétravail et aux échanges numériques. Même si elle doit aussi nous pousser à nous interroger sur la fragilité de nos modèles. Après la crise des gilets jaunes et les grèves SNCF de la fin d’année, les professionnels du transport et du tourisme auront à nouveau à faire preuve de réactivité et d’adaptabilité.
En pleine campagne pour les municipales, l’infection prend le pas sur tous les autres sujets… Elle pourrait même, nous dit-on, influencer directement le scrutin, en décourageant une partie des électeurs de se rendre aux urnes. Bizarrement, personne ne propose sérieusement d’envisager un vote électronique, à l’heure où la dématérialisation gagne pourtant la quasi-totalité de nos démarches administratives. Les préoccupations matérielles liées aux besoins les plus basiques supplantent donc les belles promesses électorales. Les élus de proximité se retrouvent en première ligne pour soutenir leurs territoires et leurs administrés. Loin des fastes du pouvoir et de l’agitation des microcosmes parisiens, le règne du coronavirus, pourtant dominé par l’irrationnel, sonne le retour au réalisme.
